Ce qu’apporte le Fonds d’accompagnement des réformes de transport

Après Marrakech, le fonds contribuera à la réalisation de la première ligne de BHNS à Agadir. D’autres contributions sont prévues, notamment pour les tramways de Casablanca et Rabat. Le fonds continuera de contribuer au programme de renouvellement des taxis.

C’est un rêve qui va devenir une réalité à Agadir grâce, en partie, au Fonds d’accompagnement des réformes du transport routier urbain et interurbain (FART). Dans son plan d’action pour l’année 2016, le FART prévoit en effet d’accompagner les autorités de la capitale du Souss dans la réalisation d’une ligne de bus à haut niveau de service (BHNS). C’est là un projet porté par les autorités locales depuis plusieurs années, comme en témoigne l’étude de faisabilité réalisée en 2012 déjà. Après une longue attente, le dossier vient d’être dépoussiéré. Le FART, un des principaux contributeurs aux grands chantiers de transport en commun, a déjà programmé sa contribution. Il faut dire que ce n’est pas la première fois que ce fonds apporte son soutien à de pareils projets. En 2015, son comité de pilotage avait déjà réservé une enveloppe de 192 MDH pour la participation à la réalisation de deux lignes de BHNS à Marrakech. Ces lignes, qui visent à relier les quartiers périphériques de la ville ocre au centre-ville devraient être ouvertes à partir de l’année prochaine. Sur plusieurs artères de Marrakech, les voies qui seront réservées à ces bus ont d’ailleurs déjà été réalisées avec l’appui du FART.

Le fonds a aussi contribué à des projets de transport en commun à Casablanca et à Rabat, notamment au financement du service de la dette découlant de la construction du tramway des deux villes. Ceci, sans parler de son implication dans la prise en charge du déficit d’exploitation du tramway de Casablanca, conformément aux dispositions de la Loi de finances 2014. Ces deux dernières villes devraient même continuer à profiter de l’accompagnement du FART dans les projets d’extension des lignes. Il est en effet partie prenante de la convention signée en 2014 devant le Souverain pour la réalisation de la deuxième ligne à Casablanca, et il a programmé pour 2016 la contribution au projet d’extension du réseau à Rabat. C’est dire qu’on aura beau critiquer la multiplication des comptes spéciaux du Trésor, il n’en demeure pas moins que certains d’entre eux se révèlent comme des outils particulièrement efficaces pour la concrétisation de projets stratégiques comme celui de l’amélioration des conditions de déplacement dans le milieu urbain.

2 800 taxis neufs mis en circulation

Le FART, il faut bien le souligner, est impliqué dans une multitude de projets dans ce cadre, hors ceux du transport en commun en site propre. Ainsi des programmes de renouvellement des taxis, petits et grands. Sur ce registre, le bilan de l’opération tel que comptabilisé par le FART est plutôt satisfaisant. En tout, on comptabilise 7 400 taxis de 2e catégorie (petits taxis) renouvelés entre 2012 et fin septembre 2015. Le programme vise, pour rappel, à accorder une prime de 50 000 DH aux propriétaires de ce type de taxi.  L’objectif qu’avait arrêté le FART dans le cadre de sa contribution est d’arriver au remplacement de 8 000 véhicules à fin 2015, soit près de 25% du parc en circulation dans tout le Royaume. Pour le programme de renouvellement des grands taxis démarré fin 2014, le bilan est encore meilleur. 3 887 attestations d’éligibilité ont été délivrées à la date du 16 septembre 2015, en vue de l’octroi de la prime de renouvellement d’un montant de 80000 DH aux exploitants de taxis de 1ère catégorie. Ces attestations représentent un engagement de plus de 310 MDH. Sur ce nombre, 2 800 ont été mis en circulation en remplacement des anciens.

Par ailleurs, le ministère de l’équipement, du transport et de la logistique s’appuie sur le FART en vue de la réalisation d’actions de formation continue au profit des conducteurs professionnels, des moniteurs de l’enseignement de la conduite, des animateurs de sessions d’éducation à la sécurité routière, des agents de visites techniques et des conseillers à la sécurité du transport de marchandises dangereuses. Selon la tutelle, 131,8 MDH ont été dépensés pour la formation d’une première vague de 140 000 conducteurs de transport routier de marchandises et de voyageurs par autocars. D’autres sessions du genre sont programmées dans le cadre du plan d’action du FART, de même qu’une série d’études de développement du transport interurbain. «Les études lancées pour la mise à niveau du transport interurbain visent à améliorer les conditions de transport et à doter l’administration d’outils de décision dans la perspective de mieux appréhender la problématique du transport dans le milieu rural et de proposer un plan d’action adapté aux spécificités propres de chaque province», souligne-t-on auprès de l’Exécutif.

A l’image d’une grande partie des comptes spéciaux du Trésor, le Fonds d’accompagnement des réformes du transport routier urbain et interurbain affiche chaque année un solde nettement positif. En 2014, le fonds n’aura déboursé que 294 MDH alors qu’il avait généré 1,13 milliard de DH de recettes provenant, entre autres, des versements effectués par le ministère de l’intérieur et celui de l’équipement, du transport et de la logistique. Ces deux départements sont les plus gros contributeurs du fonds. Au titre de 2016, le fonds devrait accorder 240 MDH de subventions, dont 106 millions au profit des sociétés délégataires et concessionnaires des services de transport.