Ce qu’a fait la CIMR de la part salariale récupérée auprès des assurances

Placée en sicavs et FCP, son taux de rendement a atteint 7,7%

Les frais de gestion
ramenés de 10% à 1,7% seulement.

D eux années après la récupération de la part salariale des cotisations retraite initialement gérée par les compagnies d’assurances, la CIMR (Caisse interprofessionnelle marocaine de retraites) ne cache pas sa satisfaction.
Pour son DG, Khalid Cheddadi, le nouveau système de gestion de la part salariale a une répercussion certaine sur la viabilité du régime. «L’équilibre du régime a été atteint car le rapatriement des cotisations salariales a permis une augmentation des revenus financiers qui alimentent la réserve de prévoyance». La croissance de cette réserve constitue en effet une garantie pour les affiliés quant à la pérennité du régime. Aujourd’hui, les bilans actuariels effectués annuellement établissent que le régime est viable sur les soixante prochaines années.
L’autre apport de la réforme consiste en une réduction des frais de gestion. Ce qui est, selon M. Cheddadi, un véritable gain pour les affiliés. Les compagnies d’assurance prélevaient un taux de 10 % au titre des frais de gestion sur les revenus financiers générés par le placement. Ce taux pesait lourd sur la gestion des cotisations et, selon la CIMR, pénalisait les retraités. Rappelons toutefois que la réglementation du secteur de l’assurance stipule que les frais de gestion ne doivent pas être supérieurs à 20 % du montant de la prime.

La part salariale a atteint 1,17 milliard de DH en 2004
La CIMR, quant à elle, prélève un taux beaucoup plus faible puisqu’il est de 1,7 % seulement. Comment peut-on expliquer pareil écart ? «D’abord, il y a l’effet de taille puisque la CIMR gère 2,6 milliards de DH environ de produits techniques alors qu’une compagnie d’assurance gère entre 100 et 150 MDH. Ensuite, il y a l’absence d’intermédiaires et enfin notre gestion est désintéressée», répond Khalid Cheddadi. Selon les prévisions de la CIMR, les produits techniques devraient atteindre, pour l’année 2005, 2,8 milliards de DH.
Pour optimiser le rendement de la gestion des contributions salariales (1,17 milliard de DH en 2004, soit une progression de 6 % par rapport à 2003), la caisse a fait appel à des professionnels. La gestion des actifs a donc été externalisée suite à un appel d’offres lancé en 2003. Les placements se font via des sicavs obligataires et des FCP (fonds communs de placement) pour les actions. «Cette diversification des placements est essentielle car elle permet une réduction des risques. Et, les résultats pour l’année 2004 ont été exceptionnels. Le taux de rendement a été de 9% et 10 % pour les deux sicavs et de 8 % et 2 % pour les deux FCP», indique M.Cheddadi. Et d’ajouter que, globalement, le rendement financier est de 7,69 % sur l’ensemble du portefeuille. Cependant, il importe de préciser que le rendement réel doit être supérieur car le portefeuille de la caisse contient des valeurs dont le rendement n’est pas calculé, notamment l’or, les terrains ou encore des placements générant des plus-values latentes.