CDG Développement prendra le contrôle de Sonadac avant fin 2006

L’augmentation de capital préférée au rachat des parts des autres actionnaires

Le principe
a été approuvé par les groupements de communes siégeant
au conseil d’administration et par le ministère de l’intérieur

Sonadac pourrait être scindée en deux : une entité pour
la gestion de
l’Avenue Royale et une seconde pour le projet Nassim.

«L’augmentation de la participation de la CDG dans le capital de Sonadac interviendra incessamment». Les propos sont ceux d’un haut responsable de CDG Développement. «L’opération devait être finalisée avant l’été 2006, mais de nombreuses procédures l’ont retardée», explique pour sa part Nabil Layt, directeur général de Sonadac (Société nationale d’aménagement communal). Ce dernier fait allusion à l’approbation de la transaction, obtenue la semaine dernière, par le ministre de l’intérieur et une quarantaine de groupements de collectivités locales siégeant au conseil d’administration de la société.

Ces deux entités siègent aux côtés de CDG Développement, de la ville de Casablanca, de l’Etat marocain (Domaine privé de l’Etat), du ministère des finances, de la BCP et du Crédit Agricole. «Ces approbations ouvrent la voie à la tenue du conseil d’administration qui pourrait statuer sur cette prise de contrôle de Sonadac par CDG Développement. Ce conseil devrait se tenir sous peu», précise
M. Layt. Initialement, deux options étaient en discussion. La première concerne l’acquisition par CDG Développement qui, signalons-le, fait déjà partie du tour de table de Sonadac, des parts des autres actionnaires. La seconde option se rapporte à une augmentation de capital de la société. «Et c’est finalement cette dernière option qui a été retenue», souligne une source proche du dossier ayant requis l’anonymat.

Le foncier aiguise les appétits
Le retard enregistré pour le bouclage de ce dossier a une autre raison : les difficultés rencontrées par les experts mandatés par CDG Développement pour l’évaluation du foncier propriété de Sonadac, notamment sur la corniche. «Sonadac est propriétaire de plusieurs terrains à haute valeur marchande dont un sur la corniche de Casablanca», soutient son directeur général. Un autre terrain, non moins stratégique, pourrait aiguiser de nombreux appétits. Il s’agit de quelque 150 ha jouxtant le projet Nassim et qui feront bien évidemment partie de la transaction. Pour la gestion de cette manne foncière, un scénario pourrait être retenu, même si le directeur général de la société ne cesse d’affirmer qu’il est «encore trop tôt pour se prononcer». Selon des sources internes, Sonadac, suite à la prise de contrôle de CDG Développement, pourrait être scindée en deux. Une entité serait ainsi en charge de l’aménagement de l’Avenue Royale, grand chantier de Sonadac et sa «raison d’être», selon son directeur. La seconde entité s’occuperait, quant à elle, de Nassim, cette zone urbaine située au sud-ouest de Casablanca sur 316 ha destinés à accueillir les familles concernées par l’aménagement de l’Avenue Royale.
Pour ce qui est d’un éventuel rapprochement avec Al Manar, filiale de la Caisse de dépôt et de gestion en charge de l’aménagement de la Marina de Casablanca, «il n’en est pas question», souligne Nabil Layt. Même son de cloche du côté de CDG Développement.

Que ce soit du côté de Sonadac ou de CDG Développement, la volonté est donc de boucler ce dossier le plus tôt possible. «Ce dossier traîne depuis plus d’une année», souligne M. Layt. C’est qu’en attendant, tous les chantiers de Sonadac sont en stand-by, spécialement celui de l’Avenue Royale. Le climat social au sein de cette entité, très longtemps dans le giron du ministère de l’intérieur, devient également trop lourd. Entre bureaux syndicaux et direction, le ton est monté d’un cran ces dernières semaines. Il y a une quinzaine de jours, la police s’en est même mêlée.

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Sonadac, un outil pour l’aménagement urbain

Créée en 1991, elle n’entre effectivement en service qu’en 1995 avec pour principale mission l’aménagement de l’Avenue Royale à Casablanca, un projet qui nécessite le relogement de près de 12 000 familles. Avec un capital social de 291 MDH, Sonadac s’est également investie dans d’autres projets, notamment Nassim, nouvelle ville dédiée à l’accueil des relogés de l’Avenue Royale, la restructuration de Souk Korea. L’effort financier que ces grands projets supposent pèse beaucoup sur les finances de la société qui s’est vue dans l’obligation de valoriser son patrimoine foncier à travers l’aménagement de lotissements.