CCGT réalise une percée au Sénégal

Le groupe y réalise un projet de 70 MDH
Exploitation d’une carrière et usine de canalisations en projet.

Malgré les difficultés à investir en Afrique subsaharienne, le Groupe CCGT (Consortium pour les canalisations, les granulats et les travaux) réussit à y réaliser des affaires. Après douze ans de présence en Guinée, mais aussi en Sierra Léone et en Guinée-Bissau, il tisse sa toile en renforçant son activité au Sénégal. CCGT y est adjudicataire d’un projet d’aménagement d’un périmètre agricole de 724 ha situé à Matam, capitale de la 11e région du pays, située à l’Est sur le fleuve Sénégal. L’inauguration du chantier a été effectuée en grande pompe, mercredi 10 mars, en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade. Ce n’est pas tant la taille du projet qui importe – c’est un marché d’environ 70 MDH -, mais bien la volonté du président de CCGT, Youssef Tazi, d’implanter durablement son groupe dans ce pays et en Afrique subsaharienne en général.
Notons qu’au Sénégal le groupe marocain s’est déjà signalé par la réalisation d’un projet d’aménagement hydro-agricole, toujours sur la vallée du fleuve. Aujourd’hui, ses ambitions sont confirmées par la création d’une société de droit sénégalais, CCGT consortium Sénégal, dont le siège est implanté à Dakar. Celle-ci est coiffée par un holding baptisé West Africa Holding qui contrôle également une société de droit guinéen, CCGT consortium Guinée.

Le Sénégal favorable au libre-échange avec le Maroc
Au Sénégal, la prochaine étape du groupe portera sur l’exploitation d’une carrière de granulats. Un site de 50 ha situé à une cinquantaine de kilomètres de Dakar a été mis à sa disposition. La production sera lancée d’ici à une année. L’investissement devrait atteindre 2 millions de dollars (20 MDH).
Dans la foulée, Youssef Tazi projette également de monter une usine de fabrication de canalisations en béton pour l’assainissement et l’irrigation. L’agenda de réalisation n’est pas encore arrêté. Mais, eu égard aux chantiers de développement programmés par le gouvernement, ces projets sont promis à un bel avenir.
Le président Wade, qui a élevé Youssef Tazi au rang de Chevalier de l’ordre national du Lion (la plus haute distinction du pays), a profité d’une brève rencontre avec les représentants de la presse marocaine présents à Matam pour appeler les opérateurs marocains à suivre l’exemple de CCGT Consortium qui, à l’instar d’Air Sénégal International, constitue un exemple de la coopération entre les deux pays. Confirmant son option libérale, le président sénégalais dit être prêt à signer un accord de libre-échange avec le Maroc en vue d’augmenter les échanges. Preuve de sa bonne volonté, il confirme avoir déjà confié un dossier en ce sens à son ministre des Finances. En un mot, le courant politique passe très bien des deux côtés. Reste aux opérateurs économiques à traduire cette situation en affaires.