Casanearshore : les entreprises ne pourront s’installer qu’en mars ou avril

Celles qui ont reçu leurs clés procèdent à  des travaux d’aménagement pour dimensionner
les locaux en fonction de leurs besoins.
Les services annexes, entre autres restauration, banque et crèche, ne sont
pas encore en place.

On a fait grand cas de la livraison des clés aux premières entreprises qui allaient s’installer à  Casanearshore. A fin décembre, donc comme prévu, les locataires de la zone offshore de Casa se sont vu permettre son accès. Cependant, il y a encore loin de l’accès au démarrage effectif de l’activité. Ce que l’on reconnaà®t volontiers chez Casanearshore : «Les entreprises pourront investir physiquement leurs locaux à  Casanearshore d’ici mars», estime Mohamed Lasry, DG de l’entreprise. Après la réception de leurs clés, en décembre 2007, les quatre premiers locataires que sont Tata Consultancy Services, HPS, GFI Maroc et BNP Paribas Méditerranean IT, ont pu commencer les travaux d’aménagement intérieur. Pour GFI, c’est seulement au courant de la semaine dernière qu’il a pu entamer ses travaux. «C’est surtout pour gagner du temps, en attendant que l’extérieur soit prêt», explique Saloua Karkri, DG de GFI Maroc.

Autrement dit, Casanearshore n’est pas encore opérationnel. Selon M. Lasry, certaines des entreprises sont effectivement en train de renforcer les structures de câblage, d’autres de refaire la climatisation après avoir constaté qu’elle ne correspondait pas à  leurs besoins. «Il est dommage de construire un mur et de le voir démoli juste après. Mais comme les entreprises ont des besoins spécifiques, elles aménagent comme bon leur semble», se console Mohamed Lasry. Du côté d’HPS, on reconnaà®t également que «les locaux ont été livrés prêts à  l’emploi et que, dans d’autres activités moins spécifiques, ils auraient été opérationnels immédiatement».

Les opérateurs préoccupés par l’accès au site
De l’avis de tous, il faut compter, au minimum, deux mois de travail. Deux mois pendant lesquels les entreprises seront présentes dans deux locaux à  la fois. En effet, les contrats de bail prennent effet à  partir du 1er février. Cela signifie, pour les structures déjà  opérationnelles et installées ailleurs, qu’elles paieront deux loyers. «C’était prévu dans notre budget», confie Gilles Durand, DG du projet de BNP Paribas. Quant à  la direction de GFI Maroc, elle considère, avec sérénité, que les problèmes rencontrés par les entreprises qui ont reçu leurs clés sont «le prix à  payer pour être des pionniers» et espère que les dirigeants de Casanearshore «en ont tiré des leçons pour la deuxième tranche et laisseront à  l’avenir les opérateurs installer leurs propres câblages et gérer leur climatisation».

A l’évidence, ces patrons font preuve d’une certaine mansuétude à  l’égard des responsables du projet, même s’ils ne sont pas rassurés sur bien d’autres aspects. Le plus préoccupant concerne l’accès au site. «Aux problèmes de circulation s’ajoute un déficit en matière de transports publics», souligne Mme Karkri. Des accords lient effectivement la wilaya de Casablanca et l’Etat sur ce point précis, mais l’entreprise de transports publics, M’dina Bus en l’occurrence, donne encore du souci. «On ne peut forcer une entreprise à  venir sur le site», s’excuse M. Lasry. Mais tout comme les patrons qui ont choisi le site, il sait que si le système de transport et les autres services de base destinés à  faciliter la vie des employés (banque, crèche, restauration…) ne sont pas en place, il sera difficile d’attirer et de retenir les ressources humaines.

Pourtant, en matière de commercialisation, Casanearshore connaà®t le succès. L’intégralité des 47 000 m2 de la première tranche a déjà  été concédée à  34 entreprises. Pour ce qui est de la seconde tranche, qui sera disponible en 2009, on n’est pas loin de faire le plein, alors que «le délai d’attente est d’une année pour les nouveaux clients», explique le responsable commercial, Taà¯eb Belghiti. Il faudra toutefois faire vite pour ne pas décevoir les investisseurs qui ont misé sur le Maroc et compromettre ainsi un projet qui nécessite un investissement de 2,8 milliards de DH et dont le pays attend énormément. Rien que les rentrées de devises attendues dans le cadre de la stratégie e-Maroc sont estimées à  5 milliards de DH par an.