Casablanca toujours sale en dépit de la concession de la collecte des ordures

Les gestionnaires délégués ne sont pas encore prêts et mettent l’accent sur l’amélioration des RH.

Malgré la délégation de la collecte des ordures et du nettoiement des rues, la ville de Casablanca reste sale. Détritus laissés après le passage des camions, écoulement du lixiviat (jus d’ordures), rues jonchées d’objets en tous genre, l’impression est que rien n’a changé ou si peu. Le quartier Sidi Belyout, en plein centre de Casablanca, est parmi les plus affectés, sans oublier Hay El Hassani dans lequel même les bennes à ordures sont inexistantes. La situation de ce dernier quartier est particulière. Il y a sept ans, la commune de Hay El Hassani a concédé la gestion des ordures à une filiale d’une société française : Les Eaux de Marseille. Malgré cela, la situation ne s’est pas améliorée. Le contrat avec la commune de Hay El Hassani prend fin en début 2005. Tout porte à croire qu’il sera résilié en octobre prochain pour céder la place à Sita El Beïda, selon des sources communales.
L’amélioration de la propreté de Casablanca nécessite du temps, selon les sociétés spécialisées et les responsables de la mairie. Tout d’abord, une phase transitoire de trois mois a été convenue par les contrats de concession en vue de permettre aux entreprises la prise de possession du matériel des communes et des locaux d’intervention. Cette phase n’a pas été aisée car il a fallu convaincre les présidents d’arrondissements communaux de céder une partie de leurs prérogatives.

Le personnel relève toujours des communes
Autre problème : la gestion du personnel. «Le personnel n’est pas affilié aux sociétés, il est seulement mis à disposition par les communes», martèlent les responsables des sociétés délégataires, qui expliquent qu’ils ont besoin de temps pour identifier les bons éléments parmi le personnel mis à leur disposition. C’est ainsi qu’une personne qui a effectué une bonne gestion d’un quartier pourra prendre en charge les quartiers qui en ont besoin.
Dans ce sens, un effort est accompli par les responsables de Sita El Beïda qui tentent de mettre en place une politique de ressources humaines, notamment de valoriser le travail de l’agent. La société a d’ailleurs instauré une politique d’intéressement, avec des primes pour le personnel qui se distingue par un travail bien accompli. Par ailleurs, on apprend de sources communales que l’entreprise a mis en place un système sévère de sanctions à l’encontre du personnel qui outrepasse ses prérogatives. Il s’agit généralement de réaffectation des agents dans la commune, ce qui déplaît fortement aux responsables communaux. Décidément, Casablanca n’est pas encore tirée d’affaire