Casablanca : le transport collectif par autobus sera réorganisé en 2012

L’Autorité organisatrice des déplacements urbains sera assistée par des experts pour mener ce chantier ainsi que d’autres. Un Observatoire de la mobilité chargé d’analyser les déplacements des Casablancais et de trouver les moyens de les faciliter sera créé.

La région du Grand Casablanca cherche un bureau d’études et des experts pour assister techniquement l’Autorité organisatrice des déplacements urbains (AODU). Un appel d’offres a été lancé dans ce sens au début du mois, et l’ouverture des plis est prévue le 16 février prochain. Il porte sur plusieurs prestations relatives à la circulation dans le Grand Casablanca, mais aussi sur la fourniture à cette même autorité d’une expertise et d’un accompagnement pour qu’elle puisse accomplir ses différentes missions, et devenir à terme l’autorité indépendante qui organise les déplacements urbains dans l’agglomération, comme le stipulent ses statuts.
Le temps est compté. L’achèvement de la première ligne du tramway en décembre de l’année en cours et sa mise en service effective début 2013 requiert en effet un plan moderne de déplacement urbain qui ne peut être réalisé sans l’assistance de bureaux et experts en la matière, notamment en ce qui concerne  la mise en place d’un réseau de bus à haut niveau de service (BHNS). Ce chantier est toujours au stade de la réflexion et l’on devra sans doute se contenter, dans un premier temps, de la structuration et de la réorganisation du réseau de bus existant.
Etant donné l’urgence qui caractérise ces chantiers, l’AODU doit, corrélativement à la mise en place de ses structures et de son organisation, acquérir très rapidement  une expertise pérenne pour mener à bien la mission qui lui est dévolue.

Un souci de taille : fluidifier la circulation

L’idée de créer une autorité de régulation a été recommandée en 2007 par une étude sur le plan de déplacement urbain commanditée par le ministère de l’intérieur. L’AODU n’a, en fin de compte, vu le jour qu’en novembre 2008, suite à une convention signée par les collectivités locales du Grand Casablanca, l’Etat et la wilaya. Son conseil d’administration se trouve investi de plusieurs missions que sont l’élaboration des plans de déplacement et leur mise en œuvre, le contrôle de l’exploitation des systèmes de transport, la coordination en matière de gestion du trafic et la recherche du financement pour le secteur. Aussi, si l’AODU a déjà commencé en 2010 à renforcer ses capacités en ressources humaines, le présent appel d’offres devrait lui permettre de trouver l’assistance technique pour renforcer son encadrement ainsi que la formation de son personnel technique pour accomplir ses missions. L’assistance recherchée est celle d’experts en mobilité urbaine pouvant intervenir auprès de l’AODU de manière ponctuelle ou continue, selon la nécessité. De fait, de nombreux chantiers attendent l’AODU en 2012, et en premier lieu la révision ou la refonte du contrat de gestion déléguée du transport collectif par autobus dont il s’agit de dresser le diagnostic et le bilan en termes de fonctionnement et de performances depuis son entrée en vigueur en 2004. Il s’agit aussi d’identifier les moyens d’assurer l’équilibre économique et financier de ce mode de transport.
L’objectif visé à travers la restructuration du transport collectif est de désengorger la circulation en attirant les utilisateurs d’autres modes de transport. Le scénario volontariste, retenu à l’horizon 2019 par la même étude de 2007, est de porter la proportion des usagers utilisant les transport en commun à 19% contre 13% en 2004. Pour les taxis de 1ère catégorie (petits), les taxis urbains (grands) et les deux roues, ce taux passerait respectivement à 6,8%, 3,2% et 2,5%, contre 10,3%, 5,2% et 4%. Le nombre de marcheurs serait aussi ramené de 53% à 48%. Les utilisateurs de voitures particulières évolueraient en revanche de 14,5% à 18,5%.

Un système de billettique commun pour les différents transports collectifs

Rappelons que l’AODU a ensuite commandité à la fin de 2010 une étude pour la restructuration du réseau de transport collectif dans le Grand Casablanca pour accompagner la mise en circulation du futur tramway. Cette étude devait déboucher sur l’élaboration d’un plan de circulation pour réorganiser le partage de l’espace public entre les différents modes, c’est-à-dire les automobilistes, les transports collectifs et les piétons.
Toujours dans l’agenda de 2012, le second chantier concerne la création d’un Observatoire de la mobilité qui aura pour tâche de collecter les données qualitatives et quantitatives des déplacements des Casablancais et de les analyser afin d’anticiper les comportements en matière de mobilité et d’en faire face.
Enfin, il s’agira pour l’autorité d’accompagner l’entrée en service du tramway en instaurant une tarification intégrée entre les différents modes de transport urbain (tramway et bus) pour assurer l’émergence d’un transport multimodale pour les Casablancais. Dans la foulée, elle va travailler sur un système de billettique commun pour les différents transports collectifs ainsi qu’un système d’information pour les usagers, en faisant appel, pour ce faire, aux nouvelles technologies.
L’AODU se voit aussi attribuer la mission d’organiser, dans un avenir proche, le transport de marchandises et des livraisons à l’intérieur du périmètre urbain, un dossier sur lequel la réflexion va commencer en 2012.