Casablanca : la concession de 62 parkings a rapporté 4,67 millions de DH cette année

Les nouveaux exploitants ont versé les redevances avant de prendre possession des aires qui leur sont concédées. Le cahier des charges fixe un tarif de 3 DH pour une voiture, 2 DH pour une moto et 5 DH pour un camion. L’exploitant qui dépasse ces tarifs risque des pénalités allant de 100 DH jusqu’au retrait pur et simple de l’autorisation.

Les parkings relevant du Conseil de la ville de Casablanca ont de nouveaux exploitants depuis le 1er janvier 2014. Au total, sept entreprises spécialisées dans les métiers de gardiennage (les noms ne sont pas communiqués) ont remporté la gestion des 62 parkings sis dans neuf arrondissements. Cette concession a permis au Conseil de la ville de collecter une recette (loyer au titre de l’année 2014) de 4,67 MDH. «Nous avons encaissé l’argent avant même l’installation des nouveaux exploitants. Cette procédure nous a permis de sécuriser le paiement, mais également de confier les grands parkings de Casablanca à des professionnels», déclare Ahmed Brija, vice-président du Conseil de la ville.
Il est important de rappeler qu’avant le lancement de cet appel d’offres, qui porte sur la concession de 62 parkings pour une durée d’un an, «tous les lieux de stationnement étaient attribués à des entreprises où à des personnes physiques moyennant un loyer mensuel variant de 75 DH à 120 DH», indique le vice-président.
   
Ainsi, dans le cadre du chantier de revalorisation du patrimoine de la métropole, le Conseil de la ville a contacté les présidents des arrondissements communaux pour désigner les parkings à haut potentiel sur les 800 qui appartiennent à la ville. En effet, «le choix de ces 62 parkings a été établi sur la base de la taille, le nombre de places et l’emplacement», explique M. Brija.
Après le lancement des appels d’offres, les entreprises intéressées ont visité les parkings concernés avant le dépôt de la demande. «Parmi onze prétendants, nous avons choisi sept. Et cela sur la base du meilleur prix proposé, de manière à maximiser les recettes de la ville», précise-t-il.

Les exploitants ont maintenu ou même augmenté les prix !

L’objectif de la ville est aussi d’assurer un service de qualité aux automobilistes de Casablanca, selon M. Brija. Dans cette optique, le conseil de la ville a mis en place une nouvelle grille tarifaire. En effet, le cahier des charges définit un tarif de 3 DH par voiture, 2 DH par moto et 5 DH par camion, que le concessionnaire du parking ne peut dépasser. Pour obliger les exploitants à se conformer aux dispositions du cahier des charges, des pancartes sont installées à l’entrée des parkings pour indiquer les prix.

Un service de réclamation, dont le numéro est affiché sur la même pancarte, est également mis à la disposition des clients en cas de dépassement des tarifs. De plus, des agents assermentés du conseil assureront le contrôle sur le terrain pour constater les infractions. En cas de dépassement du tarif fixé, l’entreprise subira des pénalités allant de 100 DH jusqu’au retrait pur et simple de l’autorisation.

«Elle sera même inscrite sur la liste noire du conseil et écartée d’office des prochains appels d’offres», confirme notre interlocuteur. Cependant, force est de constater que ces dispositions ne sont pas respectées. Le parking sis justement à proximité du marché des fleurs de Maârif (place Mehdi Ben
Barka) en est un exemple éloquent. Comme auparavant, le nouveau exploitant impose aux automobilistes de payer 10 DH avant d’accéder au parking. Pourtant, une pancarte (bien dissimulée) annonce un tarif de 3DH! En cas de refus, les clients sont éconduits sous le motif que le «parking est plein». En clair, les nouveaux exploitants paraissent trop méfiants: ils ne laissent aucune preuve, même le ticket ne comporte aucun montant. Contacté par La Vie éco, le service des réclamations est resté injoignable au numéro indiqué.

Le Conseil de la ville devait prévoir ces pratiques. Avant même la revalorisation des loyers annuels, les exploitants ne respectaient pas les tarifs, et ce n’est pas aujourd’hui qu’ils vont obtempérer, sachant que les loyers sont plus élevés. En somme, le nouveau cahier des charges de la gestion déléguée des parkings n’a fait que doper les recettes de la ville. Les automobilistes de la métropole devront encore supporter ce calvaire, à moins que les mesures de rétorsion ne soient appliquées strictement.