Casablanca : fortes perturbations de la circulation en vue à  la rentrée

En raison du lancement des travaux de plusieurs chantiers à  partir de septembre, les conditions de circulation vont considérablement se dégrader. Sidi Maarouf, le quartier universitaire et même le centre-ville devraient être touchés.

Casablanca s’est muée en chantier depuis plusieurs années. Ses habitants s’y sont habitués mais risquent tout de même d’être surpris à la prochaine rentrée. Et certainement pas de manière agréable. Plusieurs chantiers d’amélioration des voies de circulation (www.lavieeco.com) seront entamés quasiment en même temps. D’où une très forte probabilité de dégradation des conditions de déplacements (routes et rues barrées, déviations et embouteillages). Cette situation se confirme avec l’annonce des premiers grands projets entrant dans le cadre du plan de développement de la ville, dont certains se situent dans des zones déjà considérées comme des points noirs de la circulation. Au total, six grands projets devraient démarrer entre septembre et décembre prochains. Ce sont le pont à haubans à Sidi Maarouf, l’aménagement du carrefour Azbane et du nœud A, la trémie du boulevard des Almohades, la deuxième ligne du tramway et le réaménagement d’une douzaine de grandes artères. A ces projets devraient s’ajouter d’autres tout aussi pénalisants pour la circulation.

Au moins trois ans de galère pour les automobilistes

C’est le cas de trois autres lignes de transport en site propre (tramway ou bus à haut niveau de services) dont les tracés devront être arrêtés d’ici septembre, de l’aménagement du carrefour du bd Ghandi et de la Route
d’El Jadida et de celui du tronçon du boulevard Zerktouni allant du boulevard d’Anfa au boulevard MohammedVI. Sur ces deux derniers projets, dont les études de faisabilité sont en cours de réalisation, des projets de trémies au niveau des boulevards Massira et Ghandi sont également envisagés.

Pourquoi les automobilistes doivent-ils s’attendre à vivre des moments difficiles ? D’abord, la durée des travaux est assez longue. A l’exception des travaux de réaménagement de voiries, les délais de réalisation dépassent les deux ans. Pour le cas des nouvelles lignes du tramway, les chantiers pourraient même s’étaler jusqu’en 2022, échéance fixée à Casa Transport. Pendant tout ce temps donc, les automobilistes devront trouver des alternatives à leurs chemins habituels. Certes, les différents appels d’offres lancés jusque-là prévoient tous des déviations. C’est le cas des marchés du pont à haubans de Sidi Mâarouf, du carrefour Azbane et du nœud A. Pour le premier, l’aménagement des déviations a d’ores et déjà commencé, tandis que pour les deux autres, l’adjudicataire du marché qui devrait être connu le 31 juillet courant devra proposer au maître d’ouvrage délégué, en l’occurrence Casa Transport,  des projets de déviation permettant de maintenir une fluidité du trafic.

Cependant, force est de constater que, quels que soient les aménagements à réaliser à ce niveau, ils ne pourront pas supporter les flux importants qui transitent quotidiennement par ces points noirs. Si l’on prend l’exemple du carrefour de Sidi Maarouf, les estimations des pouvoirs publics font état de 11 000 véhicules pendant les heures de pointe, alors que les déviations en projet ne pourront absorber que 4 000 véhicules par heure, 5 000 au plus. Le carrefour Azbane et le nœud A sont dans la même situation, surtout après le démarrage de l’année universitaire qui augmente naturellement le trafic. 

Hormis les déviations à aménager, les automobilistes n’auront pas d’autres parcours alternatifs aux voies traversant ces trois zones. La raison est que le carrefour de Sidi Maarouf se trouve en plein quartier de bureaux et il ne peut donc être évité par les milliers d’employés des entreprises installées dans la zone. Il constitue également un point de transit stratégique pour l’autoroute Casablanca-Marrakech ainsi que pour la desserte de l’aéroport Mohammed V, lesquelles accueillent en moyenne plus de 10 000 véhicules par jour, avec des pics dépassant souvent le double. Ensuite, l’accès au quartier universitaire ne peut se faire qu’en traversant l’un des deux carrefours objet de travaux (sinon, les deux !) et ce, depuis la mise en service du tramway qui a bloqué l’accès permettant de les contourner par le sud.  

Pour ce qui est des travaux de voiries, ils concernent les boulevards du 10 Mars, Abdelhadi Boutaleb, Anfa et l’avenue des FAR, toutes des artères situées dans des quartiers à forte densité (de citoyens ou d’entreprises). Heureusement, elles ne devraient pas être fermées à la circulation du fait que les travaux seront effectués par tronçon, ce qui devrait logiquement réduire l’impact sur les conditions de circulation. Il n’en est pas de même pour ce qui est de la deuxième ligne du tramway. En se référant à l’expérience des travaux de la première ligne, la circulation devrait être particulièrement gênante tout au long du tracé en raison de la complexité des travaux (déviation des réseaux d’eau et d’électricité, aménagement des voies et des gares…). Les zones qui devraient être les plus affectées sont Aïn Sebaa, Hay Mohammadi, El Fida et le boulevard Anoual. C’est dire qu’à partir de septembre prochain, il vaudrait mieux se passer de son véhicule et emprunter les moyens de transport en commun… si ceux-ci répondent bien entendu aux besoins !

Les grands chantiers, un bon argument de campagne pour le bureau sortant du Conseil de la ville

Au vu de toutes ces contraintes liées aux projets programmés, on se demande ce qui a bien pu passer par la tête des autorités de la ville pour programmer autant de projets stratégiques en même temps ! La réponse s’impose d’elle-même. D’abord, le cas du pont à haubans de Sidi Maarouf est particulier. Le projet a été décidé en 2008 déjà, mais a dû être reporté à plusieurs reprises en raison d’un désaccord entre le ministère de l’équipement et la wilaya du Grand Casablanca sur les aspects techniques de l’ouvrage (www.lavieeco.com). Ce désaccord ayant été réglé depuis, le projet a été programmé pour ce deuxième semestre de 2015, il y a près de deux ans.

En revanche, les autres chantiers n’ont été programmés qu’après le lancement du plan d’urgence qui a suivi le discours du Souverain d’octobre 2013 et ont par la suite été intégrés dans le plan de développement à l’horizon 2020 de la métropole. Des élus auprès du Conseil de la ville expliquent que le délai de cinq ans prévu dans le cadre de ce plan ne permet pas la réalisation des chantiers l’un après l’autre, surtout que leur nombre est important. 

«Al’annonce de ce plan, les Casablancais savaient très bien que pour espérer vivre dans un cadre meilleur, il faudra faire des sacrifices le temps qu’il se concrétise», ajoute-t-on auprès du Conseil de la ville. De plus, l’appel du Souverain d’accélérer le développement de la ville a eu pour effet de mobiliser l’ensemble des parties prenantes, notamment celles en charge du financement. Le déblocage des fonds pour plusieurs projets ayant eu lieu durant l’année en cours, il fallait donc ouvrir les chantiers. 

On ne pourra pas par ailleurs éviter le rapprochement entre le lancement de ces projets et l’approche des élections. Ayant fait objet de reproches, souvent assez virulentes, quant à la lenteur de l’amélioration des conditions de vie des Casablancais, le bureau sortant du Conseil de la ville et les élus qui approuvent les projets ont aujourd’hui l’occasion de répondre aux détracteurs en accélérant la mise à niveau de la métropole, ce qui ne pourrait qu’avoir des effets positifs sur leur campagne électorale, bien sûr pour ceux qui se représenteront.