Casablanca Finance City, une plateforme au rayonnement international

Lancé il y a à  peine 4 ans, le hub économique et financier dédié à  l’Afrique, Casablanca Finance City, est déjà  parvenu à  l’à¢ge de raison. La plateforme est désormais positionnée sur la carte mondiale des places financières et voit le rythme de ses entreprises adhérentes progresser à  un rythme soutenu. Plus que le domaine financier, le hub renforcera à  terme la coopération avec les pays voisins dans tous les secteurs.

La base il y a une ambition. Celle de positionner la finance marocaine à l’échelle régionale puis internationale. Plusieurs atouts pour y parvenir : une position géographique unique, un dispositif réglementaire et juridique aux standards internationaux faisant du Royaume une passerelle régionale qui dispose d’avantages comparatifs et compétitifs importants dans la région, un secteur bancaire national internationalisé en Afrique… De là a émergé de manière naturelle la vision impulsée par S.M. Mohammed VI, d’un hub économique et financier dédié à l’Afrique : Casablanca Finance City (CFC). Celle-ci se veut une plateforme liant le Nord et le Sud et visant à attirer et encourager les institutions et investisseurs internationaux à investir et mener leurs activités en Afrique du Nord, de l’Ouest et Centrale en choisissant Casablanca comme porte d’entrée vers cette région. De la sorte, CFC se positionne comme le canal qui a manqué de tout temps à l’Afrique.
En effet, le besoin en investissement du continent s’élève actuellement à 95 milliards de dollars alors que seulement 40 à 45 milliards sont captés annuellement. Pourtant, ce sont 1 000 à 1 500 milliards de dollars que les investisseurs seraient disposés à miser sur l’Afrique, selon les estimations du cabinet McKinsey. L’économie marocaine y gagnera beaucoup, sachant que l’on prévoit que CFC contribuera à terme au PIB marocain à hauteur de 1 à 2 points et créera 80 000 emplois directs et indirects. Au-delà, comme l’assurait le Souverain à l’occasion des 48e Assemblées annuelles du Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD), «ce renforcement dans le domaine financier constituera un atout essentiel pour élargir la coopération existante du Maroc avec ses pays frères dans des domaines aussi variés que les télécommunications, les infrastructures, le logement, les mines ou la formation, et également l’ouvrir sur de nouveaux secteurs d’avenir».
Qu’en est-il à présent de la concrétisation de la plateforme ? Tout juste quatre ans après le lancement du chantier, CFC est parvenue aujourd’hui à l’âge de raison. La place a déjà réussi une entrée remarquée dans le Global Financial Centres Index (GFCI), un indice influent utilisé par les firmes multinationales à la recherche de centres financiers pouvant servir leurs opérations régionales. CFC s’est hissée à la 62e place mondiale et à la 2e place africaine de cet indice. Aussi, plus d’une quarantaine d’entreprises internationales ont adhéré à la plateforme marocaine, bénéficiant d’un bouquet d’avantages attractifs. Dans le lot, les trois grandes catégories d’entités que devrait accueillir la plateforme à terme sont représentées. CFC est d’abord ouverte aux institutions financières, à savoir les banques d’investissement, les banques d’affaires, les fonds d’investissement, les gestionnaires d’actifs ou encore les compagnies d’assurance et de réassurance… Peuvent également y accéder les sièges régionaux de multinationales qui couvrent une partie significative de l’Afrique. Le tout est enfin complété par des entreprises de services professionnels nécessaires à l’activité des institutions financières et des sièges régionaux (cabinets de consultants, d’audit, d’expertise comptable, de grandes sociétés de recrutement…).
Gage de l’attractivité et du succès d’une place financière, l’ouverture et la connectivité à l’international de CFC se développe également à rythme soutenu. Plusieurs partenariats avec d’autres places financières internationales ont été conclus dans ce sens en privilégiant la diversification géographique et des axes de coopération stratégiques afin de favoriser l’échange d’expertises et capitaliser sur les meilleurs pratiques.

Autre point d’importance, le cadre réglementaire de la place casablancaise a connu depuis avril 2014 un toilettage de fond en vue de renforcer l’attractivité du hub financier national. Les aménagements réglementaires incluent d’abord un changement de dénomination pour la structure institutionnelle qui porte le projet CFC, passant de Moroccan Financial Board (MFB) à Casablanca Finance City Authority (CFCA), une incarnation symbolique du passage de la place financière de Casablanca du stade de projet à celui de réalité opérationnelle. Surtout, le toilettage réglementaire a introduit des dispositions techniques correctives permettant de gagner en cohérence et en pertinence : élargissement des activités autorisées, assouplissement des critères d’éligibilité, code de déontologie… Des mesures adaptées et conformes aux standards des places financières internationales.