Casablanca est toujours l’otage des querelles politiques !

Le conseil de la ville a pu valider les comptes administratifs lors d’une session ordinaire marathonienne le 27 mars, mais a dû reporter le vote de quatre projets phare, Les comptes administratifs ont été approuvés suite à  l’abstention de plusieurs élus de l’opposition n L’excédent de 16 MDH sera alloué en 2014 à  l’achat de matériels de bureau, de mobilier et de vélomoteurs.

Ceux qui s’attendaient à une grande révolution au sein du conseil de la ville de Casablanca après le discours du Souverain du 13 octobre 2013 ne peuvent qu’être déçus. La session ordinaire du 27 mars n’a fait que confirmer que la ville est toujours l’otage des querelles politiques. Pire encore, ces duels n’ont fait que croître ces derniers mois, après que le PJD, partie de la majorité depuis 2009, a décidé de s’opposer à ce qu’il appelle «la gestion individuelle du maire». C’est ainsi que cette session ordinaire, dont le principal objectif était le vote des comptes administratifs, a été marquée dès son entame par un échange de diatribes entre les élus. Celles-ci ont concerné dans un premier temps l’ordre du jour de la session. Plusieurs élus se sont plaints que leurs propositions n’aient pas été prises en compte. La situation a même failli dégénérer au début de la session mais la promesse de Mohamed Sajid, président du conseil, de les inclure dans l’ordre du jour de la session d’avril a fini par calmer les esprits. La trêve fut cependant de courte durée. Après plus de six heures d’intenses débats ou de joutes verbales, seuls quatre points ont été reportés sur les 36 au programme : la création d’une Société de développement local (SDL) appelée Casa contrôle, la création de deux autres SDL (Casa animation et Casa patrimoine) regroupées en un seul point, la refonte des statuts de Casa développement et la création d’une Commune des communes urbaines appelée «Al Bayda». Cela ne veut cependant pas dire que le vote des 32 autres points s’est déroulé dans un climat convivial. Loin de là! A la lecture du contenu de chaque point, à l’image du rappel par Mohamed Sajid du contenu du plan d’action prioritaire de la ville, les élus s’empressaient de reprendre le micro pour des «mises au point».

Plusieurs d’entre eux estiment qu’ils ne sont pas impliqués dans les décisions de la présidence, comme justement l’élaboration du plan d’action prioritaire. «Nous avons été surpris d’apprendre le contenu du plan d’action dans les journaux alors qu’on est censé participer à son élaboration», martèlent plusieurs élus. Il en est de même pour les comptes administratifs. «La logique voudrait que les élus puissent disposer du détail des comptes lors des travaux des commissions avant de devoir les voter lors de la session ordinaire», ajoutent-ils.

Le conseil a obtenu l’aval pour l’annulation des contrats de location de biens communaux

Au fait, la problématique, comme l’a rappelé Mustapha Rahine, élu indépendant, est que le conseil de la ville n’a pas saisi l’occasion offerte par le premier report de cette session ordinaire pour prendre le temps d’étudier dans les détails les différents points inscrits à l’ordre du jour, à commencer par les comptes administratifs. En définitive, il aura fallu plus de deux heures pour la lecture de l’ensemble des points à l’ordre avant que le vote ne soit entamé dans un grand climat de désordre. Plusieurs élus de l’opposition se sont abstenus lors du vote des comptes pour, disent-ils, ne pas bloquer la situation. Dans les coulisses, on parle d’un deal passé avec ces membres : la création des sociétés de développement local aurait été reportée en échange de leur abstention. Si c’est le cas, cette manœuvre a permis à la présidence de ne pas revivre la situation de 2012. La session de validation des comptes avait en effet été reportée plusieurs fois.

De même, M. Sajid a pu s’assurer de la validation d’autres projets moins sujets à polémique. Il s’agit en l’occurrence de la programmation de l’excédent budgétaire de 2013 qui se chiffre à près de 16 MDH. Cette enveloppe devrait être consacrée à l’acquisition de matériels et mobiliers de bureau et de vélomoteurs au profit des différentes communes et arrondissements de la ville. Le bureau du conseil a également obtenu l’aval pour l’annulation de certains contrats de location de biens communaux, la mise en œuvre d’un projet de régulation de la circulation des poids lourds, la création d’une fourrière pour carrosses, le lancement d’un projet de ravalement des façades et la création d’une nouvelle section administrative de l’état civil. Ces chantiers devraient être les principales priorités à court terme du conseil de la ville, en attendant la prochaine session d’avril qui promet d’être encore plus houleuse.