Casablanca : 1 870 petits taxis renouvelés sur un parc de plus de 8 000

3.3 MDH ont été engagés jusqu’à  aujourd’hui dans l’opération sur une enveloppe de 10 millions. La majorité des propriétaires de taxis préfèrent vendre leurs anciens véhicules au lieu de toucher la prime à  la casse. Dacia représente 90% des véhicules acquis par les exploitants de taxis.

Après avoir connu beaucoup de difficultés lors de son lancement en 2010, l’opération de renouvellement du parc de petits taxis de Casablanca est aujourd’hui mis sur les rails. Selon le service de la wilaya du Grand Casablanca qui pilote ce chantier, sur un parc global de plus de 8000 petits taxis, 2003 demandes ont été déposées pour bénéficier de l’aide de l’Etat prévue pour rajeunir ce parc. La majorité de ces demandeurs, soit 1985, n’ont pas opté pour la prime à la casse prévue par ce processus et préfèrent vendre leurs anciens véhicules. La raison en est que l’option de la casse se traduirait dans les faits par une période d’inactivité pour le taximan entre le moment où il met son véhicule à la casse et celui où il obtient son nouveau véhicule auprès du concessionnaire choisi. Quoi qu’il en soit, 1 876 demandes ont été traitées et agréées définitivement par les services de la wilaya, les dossiers non encore agréés doivent juste être complétés ou contiennent des erreurs d’écriture.   

Ainsi, les exploitants des taxis préfèrent bénéficier de l’aide accordée par les pouvoirs publics qui est de 30% du prix du véhicule plafonnée à 35 000 DH et y ajoutent le prix de vente de l’ancien véhicule pour réduire au minimum l’apport propre qu’ils doivent verser. Les candidats à l’aide peuvent aussi bénéficier de l’exonération de la TVA sur l’achat du véhicule à condition qu’ils s’inscrivent au registre de la patente, mais allez donc demander à un taximan de s’inscrire à ce registre ! Il n’en fera rien car cette population a une peur bleue d’avoir affaire au service des impôts.

L’exonération de la TVA est le résultat de négociations que le service de la wilaya a eues avec celui des impôts. De même, ce service a convaincu les concessionnaires de véhicules de n’avoir comme seule garantie que le véhicule lui-même, alors qu’ils exigeaient une garantie sur l’agrément.
Les organismes de crédit ont aussi été approchés pour faciliter les procédures d’octroi des crédits aux exploitants de taxis.

Par ailleurs, le délai de livraison des nouveaux véhicules ne dépasse pas  dans la majorité des cas trois mois.

Quelques syndicats font de la résistance

D’une manière générale, la voiture la plus demandée est la Dacia qui représente 90% des véhicules vendus à ce jour, le reste est réparti entre Peugeot (4%), Fiat (4%) et Hyundai (2%). L’engouement pour la marque Dacia s’explique bien sûr par le prix des véhicules, mais aussi par le fait que Renault possède son propre organisme de financement.

Parmi les voitures qui sont sorties du parc de petits taxis, on compte 45% de véhicules âgés de 5 à 10 ans, 33% de 10 à 15 ans et 11% de 15 à 20 ans, les plus de 20 ans représentent 9%.

Rappelons que l’enveloppe fixée au départ pour le renouvellement du parc des petits taxis au niveau de Casablanca est de 10 millions de DH et que depuis le début de l’opération en 2010, près de 3,3 millions ont été engagés.
Aujourd’hui, le résultat de cette opération qui vise à doter la capitale économique de taxis propres et confortables et âgés de moins de 5 ans est relativement visible sur le terrain, car on voit de plus en plus de petits taxis en bon état. Mais il subsiste encore des tacots âgés de plusieurs décennies. Il faut dire sur ce point que les efforts des pouvoirs publics se heurtent à une certaine résistance de quelques syndicats qui trouvent un certain intérêt à ce que cette activité demeure non organisée.

Chaque taxi implique 3 personnes au moins : le titulaire de l’agrément, l’exploitant qui loue l’agrément et le conducteur. Une telle situation ne permet pas de nettoyer pour de bon la profession dans la mesure où elle met en présence un rentier, un exploitant et un conducteur qui a juste son permis de conduire comme capital. Résultat : la plupart des taxis sont encore vieux et sales, et on trouve parmi la population des chauffeurs de taxis des individus qui ne méritent pas d’avoir ce permis dit de confiance.

L’opération de renouvellement du parc est certes une bonne initiative, mais il serait temps aussi de se pencher sur le sort de cette population de conducteurs.