Casa Patrimoine veut mettre en lumière des monuments de Casablanca

La SDL a noué un partenariat avec la ville de Lyon, très expérimentée dans ce domaine. Le temps d’une semaine, les sites historiques de la capitale seront éclairés et mis en valeur. Avant de fixer les dates de cet évènement annuel, la SDL doit réhabiliter ces édifices et les équiper.

Casa Patrimoine multiplie ses tentatives pour mettre en valeur le patrimoine historique de Casablanca. Cette SDL ayant pour mission d’accompagner la Ville et la Région dans la mise en œuvre du volet patrimoine du Plan de développement 2015-2020 du Grand Casablanca vient de lancer un nouveau projet en partenariat avec la ville de Lyon. Il s’agit de «la mise en lumière des monuments de la capitale». Un projet dans lequel la ville dupliquera l’expérience lyonnaise de mise en lumière des sites historiques pour le développement du tourisme. L’objectif est de créer un rendez-vous annuel durant lequel les monuments de la ville seront éclairés le temps d’une semaine. «Il s’agit d’une action que déploie la ville de Lyon depuis un quart de siècle, avec le premier plan lumière lancé en 1989, et qui permet de valoriser et  de faire connaître les sites les plus prestigieux de la ville, mais aussi sublimer le paysage nocturne de la ville», explique l’un des vice-présidents du Conseil de la ville.

Casablanca abrite de nombreux sites qui regorgent d’histoire. En revanche, «dans leur état actuel, il y en a qui ne peuvent accueillir des touristes», explique notre source. Et d’ajouter : «Les touristes n’ont que deux lieux à visiter dans la capitale, la mosquée Hassan II et le quartier des Habous». Pour palier ce manque, le projet de mise en lumière des monuments de la métropole sera réalisé en deux étapes. Dans un premier temps, seront lancés des travaux de réhabilitation et de mise à niveau des bâtiments. Six sites, à savoir la bibliothèque municipale, l’Eglise Sacré-Cœur, l’Ancien aquarium, la Villa Carl Fike, l’ancien marché de gros et le Stade du vélodrome, sont concernés par cette première phase. Ils feront non seulement peau neuve, mais devront abriter des musées. L’accès à ces établissements sera payant. Le tarif variera en fonction du type de touristes (nationaux ou étrangers). «Le fait d’imposer un tarif à l’entrée a un double objectif. D’abord nous voulons assurer une rentrée financière qui permettra à la ville d’entretenir ces sites, assurer la sécurité mais aussi faire des animations périodiques. Le paiement permettra également de valoriser ces monuments et de faire un tri des visiteurs. Car malheureusement au Maroc nous n’avons pas encore la culture de protection du patrimoine, ce qui fait que nous avons tendance à sous-estimer tout ce qui est gratuit», explique le vice-président.

Les moyens financiers font défaut

Une fois cette première phase achevée, la ville pourrait lancer son festival de lumière qui mettra en valeur les bâtiments déjà cités ainsi que d’autres tels que le marché central, le marché Zevaco (rue d’Agadir), le quartier Art Déco et la coupole Zevaco (appelée aussi kora Ardia).

La mise en lumière des monuments de Casablanca apparaît comme un projet très ambitieux et porteur de valeur ajoutée. Or, bien que le partenariat soit signé avec la ville de Lyon, le budget nécessaire à la réalisation des travaux ainsi que les délais ne sont pas encore fixés. Pis, rien n’est prévu pour Casa Patrimoine dans le budget 2017 de Casablanca. On présume que Najwa Ilham Bekri, DG de la SDL, que La Vie éco a essayé de joindre, en vain, aura du pain sur la planche. Elle doit veiller à la réalisation du projet dans les délais, alors que les ressources financières ne sont pas encore à disposition. Une source proche de la ville assure même que «la mise en lumière des monuments» est le projet de la dernière chance. Et pour cause, la SDL, qui avait arrêté son calendrier de projet fin 2014, n’a pas encore grand-chose à mettre à son actif. Par exemple, l’étude préalable sur le patrimoine historique, dont le coût est estimé à 5 MDH, n’est pas encore réalisée ; le concours d’architectes pour la réhabilitation de la coupole Zevaco, un projet qui devait être achevé en 2015, n’a été lancé qu’en avril dernier ; le dossier de recensement du patrimoine économique de la capitale est également dans les tiroirs.

Ces retards ont été aggravés par le rejet, cette année, de la demande d’inscription de la capitale économique sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. «Le dossier présenté par Casa Patrimoine, en collaboration avec Casa Mémoire, n’a pas été bien préparé», avance notre source. Pourtant, les débuts étaient prometteurs puisqu’il y a plus d’un an Casablanca était inscrite sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO.

En définitive, Casa Patrimoine devrait user de tous les moyens pour réussir son nouveau chantier sinon elle risque de perdre gros, surtout lorsqu’on sait que Casa Events et Animation ambitionne de récupérer certains projets tel que celui des anciens abattoirs.