Casa : les sociétés privées d’autobus disparaîtront-elles en octobre comme prévu ?

Théoriquement, à  partir d’octobre prochain, M’dina Bus doit être le seul opérateur dans la ville.
Les neuf sociétés privées encore en service n’ont reçu aucune explication de la part des autorités.
Pour le ministère de l’intérieur, la question du transport urbain à  Casablanca doit avoir une réponse au niveau local.

Les neuf sociétés privées de transport urbain de Casablanca sont dans l’expectative. A quelques mois de l’expiration du contrat de concession (octobre 2009) qui les lie à la communauté urbaine de Casablanca, ces sociétés ont adressé, par le biais de leur fédération, une lettre  aux autorités de la ville pour être fixées sur leur avenir, c’est-à-dire la continuité des concessions ou leur arrêt.
Pour Saâd Raïssi, président de cette fédération et vice-président de la Fédération des transports à la confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), le temps urge et la ville semble prendre son temps. «Nous avons reçu le 15 mai 2009 de la part de l’autorité concédante une réponse vague signifiant que la ville est en train d’étudier plusieurs options pour pouvoir mettre en place un modèle de transport urbain apte à répondre aux besoins des casablancais», dit-il. Autant dire que les élus en place ne veulent pas s’exprimer sur ce sujet à la veille des élections communales qui pourraient  déboucher sur une nouvelle configuration de cette communauté urbaine, commente, en substance, Saâd Raïssi.
Certes, la ville de Casablanca a dépensé beaucoup d’argent en études pour élaborer un plan de déplacement urbain, mais on est encore loin de la phase d’exécution. Et il va falloir, dès le mois d’octobre, soit accorder de nouvelles concessions au privé, soit trouver un parc de remplacement. Théoriquement, c’est M’dina Bus, l’opérateur historique, qui devrait prendre la relève, mais les professionnels s’interrogent sur la capacité de cette société, même si cette dernière se dit prête à constituer un parc en mesure de répondre aux besoins de la ville, sans apporter plus de précisions. Comment fera-t-elle en effet pour remplacer d’un coup les 450 autobus qu’exploitent, en effet, les sociétés privées de transport urbain ?

Une exploitation anarchique des lignes existantes
Ceci est d’autant plus difficile que Casablanca connaît déjà un déficit chronique en matière de transport urbain, lequel est à la fois éclaté et désorganisé entre compagnies d’autobus et taxis. Cette situation est aggravée par le fait que les sociétés actuellement en activité obéissent à un cahier des charges qui n’est pas, à plusieurs égards, contraignant, en ce sens qu’elles ne sont pas soumises à l’obligation d’assurer un nombre précis de fréquences sur les lignes exploitées, mais seulement d’y affecter  des véhicules. Ce faisant, la tendance est à la négligence pure et simple des axes non rentables au profit des lignes où une recette journalière  intéressante est garantie.
D’une manière générale, en dehors du centre-ville de Casablanca qui est desservi de manière plutôt sommaire, sous prétexte que les habitants de ces quartiers se déplacent plus en voiture et en taxis, il existe trois axes de transport importants : nord, sud et est desservant essentiellement les quartiers périphériques et les petites communes satellites (Dar Bouaâzza, Mediouna, Nouaceur, Bouskoura), voire même les villes proches comme Mohammédia et Benslimane.
Contactés à  plusieurs reprises, les responsables de la communauté urbaine de Casablanca n’ont pas donné suite à nos appels. Au niveau du ministère de l’intérieur, on affirme que les questions que l’on se pose sur le  transport urbain à Casablanca doivent trouver des réponses au niveau local sachant que le ministère travaille actuellement sur une réforme plus globale du transport urbain.
Au niveau de Casablanca, on est justement en droit de se demander ce que sont devenues les nombreuses  mesures préconisées en 2004 par la commission mixte du transport urbain pour mettre à niveau le secteur. Certes, une agence de régulation a été créée dans la foulée, mais on n’en sait pas plus sur ses réalisations. De manière globale, il y a lieu de poser la question de la disparition des sociétés dont le contrat arrive à échéance fin octobre. Dans le cas de Rabat, par exemple, la wilaya a engagé des discussions avec les sociétés existantes en vue de transférer leur parc de véhicules au nouveau concessionnaire exclusif Veolia Transport  (voir rubrique en direct). Alors qu’il ne reste que 5 mois pour l’expiration du contrat des sociétés casablancaises, le flou demeure.