Casa : les commerçants dénoncent la dégradation du centre-ville

L’avenue Prince Moulay Abdellah et le boulevard Mohammed V perdent leur fréquentation et sont envahis par les délinquants

Le Conseil de la ville insensible aux doléances des commerçants.

Les commerçants du centre-ville de Casablanca, particulièrement ceux de la rue Prince Moulay Abdellah et du boulevard Mohammed V s’inquiètent pour leur chiffre d’affaires qui se réduit comme peau de chagrin.

Constitués en association (Assafa) qui compte actuellement quelque 70 adhérents, ces commerçants essaient tant bien que mal de pousser à la roue pour éradiquer les maux qui font que la seule rue piétonne du centre-ville ainsi que l’historique boulevard, qui étaient autrefois la fierté des Casablancais soient aujourd’hui un quartier peuplé de délinquants et de vendeurs ambulants.

A partir de 20 heures, par exemple, la rue Prince My Abdellah bien éclairée par les vitrines des magasins est l’endroit idéal pour attirer toutes sortes de transactions au grand dam des commerçants qui ont pignon sur rue. Ils ont décidé dernièrement de ne plus laisser leurs magasins éclairés la nuit, en attendant que les autorités locales trouvent un moyen d’assainir cette zone, ce qui à priori n’est pas évident.

Au point que, témoigne un hôtelier qui reçoit beaucoup de clientèle étrangère, «je déconseille à mes clients qui en émettent le désir de sortir faire un tour le soir après le dîner, alors qu’auparavant c’est ce qui faisait le charme de ce quartier». Même son de cloche chez le président d’Assafa, Ali Boufatas, qui possède deux magasins dans la rue piétonne et qui dit vouloir rendre à cette artère son prestige de jadis.

Une seule franchise sur la rue piétonne
Comment ? En faisant pression sur les autorités locales pour accélérer la mise à niveau du centre-ville qui a été programmée dans le Plan de développement et d’aménagement de la métropole, mais dont la concrétisation tarde à venir. «Nous voyons autour de nous les autres villes se transformer à vue d’œil (Rabat, Fès, Tétouan, etc.), mais, à Casablanca, on ne voit rien venir.

Certes, il y a les grands projets qui sont prévus pour redynamiser le centre-ville, mais d’ici là, on aura tous mis la clé sous le paillasson», renchérit un autre commerçant qui reconnaît cependant qu’au niveau des autorités locales, il existe des bonnes volontés mais qui sont dépassées par les pesanteurs administratives.

«Nous n’avons rien contre le maire, mais force est de constater que nos demandes de rencontre sont restées sans suite», explique M. Boufatas. Il affirme que sans le ravalement des façades de ce quartier et la rénovation de ses sites, les franchises hésitent encore à s’y installer.

Pour l’heure, il existe en effet une seule franchise sur la rue Prince Moulay Abdellah. En attendant, l’association engage quelques petites actions pour donner vie au quartier : une braderie par-ci, un concours de la meilleure vitrine par-là. Mais la réaction des autorités, injoignables par ailleurs, tarde à venir…