Casa : le traitement des tuberculeux est centralisé à  l’hôpital de Sidi Othmane

Le service de soins de l’hôpital Ibn Rochd est fermé pour cause de réfection
des locaux

Aucune date n’est annoncée pour sa réouverture

Le ministère de
la santé assure que les malades seront toujours correctement traités.

La fermeture du service de phtysiologie de l’hôpital Ibn Rochd de Casablanca a suscité des inquiétudes. Pourquoi cette décision ? Que vont devenir les patients ? De nombreux Casablancais s’interrogent – la ville compte 5 000 cas de tuberculose par an. A la direction régionale du ministère de la santé du grand Casablanca, on indique qu’il «n’y a pas lieu de s’inquiéter. La décision s’inscrit dans le cadre de la restructuration du circuit de prise en charge de cette maladie». Il est ajouté que «la fermeture de ce service a été décidée au niveau régional pour des raisons de rénovation des lieux. Elle est donc provisoire et le service sera certainement rouvert». L’ambiguà¯té de la décision réside justement dans ce mot : «certainement».

Le coût du traitement de la tuberculose s’élève à  25 MDH/an
Quoi qu’il en soit, 90% des tuberculeux sont aujourd’hui traités en soins ambulatoires au niveau des centres régionaux de diagnostic de la tuberculose et suivis au niveau des centres de santé. Le traitement de la maladie grâce aux nouveaux protocoles de soins dure six mois, au maximum une année. Ce qui ne nécessite plus une grande capacité d’hospitalisation puisque ne sont plus internés que les cas compliqués et lourds (par exemple lorsque la tuberculose s’accompagne d’une autre pathologie chronique comme le sida). Les patients actuellement suivis dans les trois services de la wilaya de Casablanca – CHU Ibn Rochd et hôpitaux du 20 Août et de Sidi Othmane – seront dirigés vers les hôpitaux de Sidi Othmane et Abou Al Ouafi. Rappelons que la prise en charge des patients atteints de tuberculose est gratuite dans toutes les structures de soins.

Donc pas d’inquiétude à  avoir, dit-on à  la division des maladies transmissibles et des maladies respiratoires, qui indique que la prise en charge des tuberculeux coûte annuellement à  l’Etat 25 MDH dont 18 millions pour les médicaments. Cette même division précise par ailleurs que le ministère de la santé vient de lancer, avec l’appui du Fonds monétaire international (FMI), un nouveau plan de lutte contre la tuberculose. Des réunions ont déjà  démarré en début de semaine dans le sud, précisément à  Agadir et Taroudant. D’autres villes sont ciblées, notamment celles o๠le taux d’incidence est élevé : Casablanca, Salé, Fès, Tanger et Tétouan. Dans la capitale économique, par exemple, le taux d’incidence est de l’ordre de 130 pour 100 000 habitants.

D’après les statistiques du ministère de la santé, on compte 26 000 cas de tuberculose dans le pays et un taux d’incidence nationale de 87 pour 100 000 habitants. La maladie reste l’apanage des périphéries des grandes agglomérations et sa résistance est due à  des conditions de vie difficiles (pauvreté, habitat insalubre et malnutrition)