Carburants : la baisse de 10 centimes qui n’a pas eu lieu

Elle devait être appliquée dès le 1er mars mais le gouvernement a sursis

L’indexation bimensuelle difficile à mettre en place.

La bonne surprise n’a pas eu lieu. Au cours de la troisième semaine de février, des sources gouvernementales affirmaient avec assurance à La Vie éco qu’une baisse des prix à la pompe allait avoir lieu pour les deux produits indexés au début du mois, à savoir le super et gasoil 350. En effet, pour le calcul des prix désormais indexés sur les cotations internationales, la nouvelle structure des prix rendue publique le 1er mars devait prendre en considération les cours en vigueur entre le 13 et le 27 février. Or ces derniers s’étaient inscrits en baisse par rapport à la quinzaine d’avant. Le système d’indexation aurait donc voulu que les prix à la pompe soient revus à la baisse. Sur la base des calculs faits par l’administration, le prix du gasoil 350 aurait dû baisser de 10 centimes le litre et le super de 15 centimes.

Le gouvernement promet de se rattraper à la prochaine baisse
Pourtant, mercredi 1er mars au matin, il n’y avait rien. Pour quelle raison, la baisse, pourtant envisagée, a-t-elle été reportée ? Posée à plusieurs départements, la question a obtenu des réponses différentes.
Au ministère des Affaires économiques et générales, un haut responsable explique que la baisse n’a pas eu lieu à cause d’une remontée des cours de dernière minute causée par deux incidents qui ont eu lieu au Nigéria et en Arabie Saoudite et qui ont fait flamber le baril. Tandis qu’au ministère de l’Energie et des mines, il est expliqué que les raisons de cette annulation sont plutôt d’ordre technique. Selon ce département, «il est difficile de reconstituer une fois tous les quinze jours une nouvelle structure des prix, comme cela devrait se faire en vertu de l’indexation». Une telle mesure exige, selon les mêmes sources, des moyens techniques et humains dont ne disposent ni l’administration ni les sociétés de distribution. En effet, à l’occasion de chaque changement de prix, c’est toute une logistique qu’il faut mettre en branle : inventaire des stocks, contrôle et plombage des bacs sur les sites de stockage, contrôle le lendemain au niveau des distributeurs… Du coup, le gouvernement réfléchit à une structure de prix mensuelle et non bimensuelle (une fois tous les 15 jours). Les préparatifs sont en cours et un arrêté serait à l’étude pour instaurer la nouvelle mesure.

En d’autres termes, l’indexation a été instaurée, mais n’est pas encore effective. Plus exactement, elle n’a fonctionné que dans le sens de la hausse. Une question reste alors posée : en attendant qu’elle soit activée, qu’en sera-t-il des baisses, si baisse il y a, qui interviendront d’ici là sur les cours du baril et qui, en principe, doivent profiter au consommateur comme le veut l’indexation ? Pour la première qui devait déjà intervenir le 1er mars, le ministère de l’Energie explique qu’elle était minime et que, de toutes les manières, le gouvernement se rattrapera à la prochaine baisse. Espérons que ce n’est pas là une autre promesse en l’air.