Caravane de l’export : 2000 rencontres en une semaine et des opportunités de business en Afrique

Cameroun, Guinée équatoriale, Gabon : 85 entreprises marocaines sont parties à  la rencontre d’opérateurs économiques.
Des contacts fructueux dans le secteur pharmaceutique, électrique, du BTP et des industries métallurgiques.
Le Maroc met en avant son expérience dans les projets d’infrastructures.

Plus de 2000 rendez-vous d’affaires en cinq jours. C’est le bilan de la deuxième caravane de l’export initiée, du 17 au 22 mai, par Maroc Export dans trois pays africains : le Cameroun, la Guinée Equatoriale et le Gabon.
L’organisation de la cette caravane est intervenue suite au succès de la première expérience qui a concerné en décembre dernier le Mali, le Sénégal et la Côte-d’Ivoire. En atteste le bilan dressé par le DG de Maroc Export qui estime la valeur des commandes fermes passées à la suite de la première expérience à 5,5 millions d’euros (près de 60 millions de DH) dans la sécurité et l’informatique. Cela sans parler des entreprises qui en sont au stade des formalités pour la conclusion d’autres contrats.
Pour la deuxième expérience, c’est au Gabon que les contacts ont été les plus intenses puisque les 85 hommes d’affaires marocains qui composaient la délégation ont noué 816 rencontres contre 726 au Cameroun et 456 en Guinée Equatoriale. C’est pourtant dans ce dernier pays, en plein boom économique, que les opportunités semblent les plus intéressantes. Et pour cause,  «il y a énormément d’appels d’offres lancés par l’Etat et qui portent sur de grands projets», explique Saad Benabdellah, DG de Maroc Export. Ainsi, sur le total des rencontres en Guinée Equatoriale, 150 ont été réalisées avec des organismes publics.
En général, les professionnels participant à cette caravane ont tous eu l’occasion de faire la prospection d’un marché que la plupart ne connaissait pas auparavant. Certains, ceux qui se sont bien préparés à cette opération, ont même concrétisé certaines opportunités en signant des contrats ou en obtenant des promesses sérieuses de conclusion de contrats. C’est, entre autres, le cas des représentants du secteur pharmaceutique qui ont pratiquement décroché des commandes.
Mais ce sont les professionnels des IMME (industries métalliques, mécaniques et électriques) et du BTP qui se sont montrés les plus dynamiques durant cette caravane. D’une part, le nombre de contacts qu’ils ont réalisés avec des partenaires dans ces trois pays est important, et, d’autre part, les négociations ont tourné autour de grands projets et de gros budgets. D’ailleurs, dans dix jours, deux grandes sociétés cotées en Bourse reviendront en Guinée Equatoriale pour annoncer la conclusion de deux grands contrats.

De gros contrats avec l’Etat de la Guinée Equatoriale

Au sein des IMME, la branche de l’électricité a profité d’un terrain favorable en raison de l’implantation de plusieurs de ses entreprises dans les pays africains. Et les possibilités de croissance y sont encore plus prometteuses. «Le secteur électrique a une carte à jouer en Afrique au vu de son expérience. De 1999 à 2009, le Maroc est passé d’un petit taux d’électrification rurale à 98%», rappelle M. Benabdellah. L’approche des professionnels marocains est d’autant plus intéressante que «la moyenne d’électrification y est de 27% et pour la partie rurale ce taux est d’une moyenne de 13% seulement», comme le souligne le représentant de Nexans dans cette caravane, Azzedine Kettani.
Autant dire qu’ils ont là d’excellentes opportunités à saisir sur ces marchés. Et ils s’y mettent déjà. Chapeautées par la Fédération nationale de l’électricité et de l’électronique (Fenelec), une douzaine d’entreprises, représentant différentes branches du secteur, étudie la possibilité d’électrifier une localité. La réalisation d’un tel projet permettra, selon M. Benabdellah, d’«assurer d’autres services de sécurisation, d’informatisation… et surtout de la maintenance qui se fait sur une période de plusieurs années».
Cela dit, les opportunités ne sont pas limitées au seul secteur électrique. Les trois pays lancent de grands projets dans plusieurs domaines. Des chantiers d’infrastructures, de tourisme, d’agriculture ou encore d’industrie sont ouverts ou annoncés pour les prochaines années. Une occasion à saisir pour les opérateurs marocains. C’est pourquoi des professionnels examinent la possibilité de créer des consortiums. D’autres, comme les industriels de Mohammédia , ont demandé de leur octroyer des facilités pour la mise en place d’une zone industrielle en Guinée Equatoriale.

Des marchés très convoités par les concurrents

Les entrepreneurs marocains sont visiblement déterminés à s’engager dans cette «aventure» même si «les choses ne sont pas aussi simples que cela», met en garde un participant. Allusion est faite à la rude concurrence que se livrent déjà plusieurs puissances économiques. Les Français y sont présents depuis des décennies. Les découvertes du pétrole ont alléché les Américains qui dominent largement ce secteur, notamment en Guinée Equatoriale. Et le commerce qui était le fief des Libanais durant les 40 dernières années, a attiré les Chinois qui commencent à installer partout des points de vente allant de la petite boutique à la grande surface. C’est pour faire face à cette concurrence que les responsables, aussi bien du secteur public que du privé, s’emploient à vendre l’image du Maroc dans les trois pays visités. «Le Maroc y est considéré comme modèle dans le domaine de l’économie, de la modernisation et du développement, et c’est tous ces atouts, en plus de notre savoir-faire en matière d’infrastructures qui est proche de la réalité de ces pays, qu’il faut exploiter», estime le ministre du commerce extérieur, Abdellatif Maazouz. Au final, pour les 10 MDH qu’aura coûté l’opération (50% pris en charge par Maroc Export et le reste par les entreprises à raison de 24 000 DH par entité), le voyage n’aura pas été vain au vu des opportunités de business potentielles.