Capital investissement : 9.3 milliards de DH levés depuis 2006

En cumul, 3.6 milliards de DH investis à  fin 2012, soit 38% des fonds levés. Les investissements dans les entreprises en stade de développement et les transmissions sont privilégiés au détriment de la création.

L’année 2012 aura été un bon cru pour les capital-investisseurs, du moins en ce qui concerne les levées de capitaux. Selon le rapport de Fidaroc Grant Thornton pour le compte de l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC), les fonds levés ont atteint le pic de 1,8 milliard de DH, ramenant ainsi la collecte globale de fonds à 9,3 milliards de DH depuis 2006. Cette forte croissance de la collecte est à mettre, entre autres, à l’actif des fonds public-privé, 3P fund et Pme Croissance, récemment créés et qui comptent la présence de la Caisse centrale de garantie (CCG) dans leur tour de table. La private equity marocaine surperforme de ce fait les fonds levés sur le marché international qui ont augmenté de 18% à 315 milliards de dollars. Cependant, les montants investis à fin 2012 s’établissent à 3,6 milliards de DH, soit 38% seulement des fonds levés. Durant la seule année 2012, 7 opérations totalisant 307 MDH ont été concrétisées.

De l’avis des professionnels, le capital investissement peine à s’imposer en tant que mode de financement alternatif à part entière, même dans un contexte qui lui est, en principe, propice, notamment face à des banques qui montrent une aversion pour le risque et un marché boursier atone. Le taux de pénétration (investissement en capital/PIB) est de 0,04% au Maroc, un niveau équivalent à la moyenne de la zone MENA.
En effet, le mode de financement proposé par les fonds d’investissement n’est pas apprécié à sa juste valeur. Il est aussi peu vulgarisé et sujet à amalgame avec d’autres instruments.

De même, le cadre juridique et fiscal est peu incitatif, selon les spécialistes qui mettent à l’index la résistance des patrons des PME, plus intéressés par des solutions aux soucis de trésorerie que par des partenariats stratégiques de long terme. Pour une majorité d’entre eux, le facteur temps n’est pas encore important dans le processus de décision.

L’analyse des investissements reflète aisément que les sociétés de gestion sont plus portées sur des projets en développement et des affaires en transmission qui accaparent 90% des montants investis. Pour leur part, les investissements en stade de création, bien qu’ils se poursuivent, notamment à travers 3 nouvelles entrées en capital en 2012 (Innovag Processing, Atlas Aranib et Iskla) ne représentent encore que 7% du total des investissements.

La majorité des fonds est à vocation généraliste

A ce titre, les spécialistes relèvent l’inversion du modèle marocain du capital investissement caractérisé par l’abondance de l’offre en capital développement dont la demande se fait rare, et la rareté de l’offre sur le capital création qui enregistre une demande importante, et ce, essentiellement pour des considérations de risque de la part des sociétés de gestion en premier lieu. En effet, sur un périmètre de 45 entreprises désinvesties, les 11 qui sont au stade d’amorçage et de création affichent un rendement nul au moment de la sortie du capital. Par secteur, les services, BTP, l’industrie chimique et l’agroalimentaire restent prépondérants dans la structure générale des investissements en capital avec une part de 53%. Toutefois, d’autres secteurs sont de plus en plus explorés, notamment l’aéronautique, cosmétique, emballage, ingénierie, informatique et textile. Leur part agrégée représente 44% en 2012 contre pas plus de 13% un an auparavant. Toutefois, la majorité absolue des fonds est à orientation généraliste à l’exception de Emerald Fund, spécialisé dans l’agro-industrie. Selon les professionnels, la configuration du marché marocain n’offre pas encore la profondeur requise qui pourra nécessiter l’existence de fonds spécialisés.

S’agissant de la répartition géographique des entreprises investies, la part de Casablanca se réduit progressivement au profit d’autres régions; 56% de ces entreprises sont basées à la métropole contre plus de 70% en 2011.
D’autre part, l’exercice 2012 a connu 12 actes de désinvestissement (sortie de capital) pour un montant de 148 millions de DH. Ce qui porte le montant global des désinvestissements à environ 1,8 milliard de DH. Depuis 2006, le taux de rendement interne moyen est de 16% sur une durée d’investissement moyenne de 5,2 années. La performance étant portée essentiellement par le capital développement et transmission.
Pour rappel, sur la trentaine de sociétés qui ont été introduites en bourse depuis 2006, huit ont été accompagnées par des fonds d’investissement, soit environ 27% des introductions.