Cap 2009 : ce qui est prévu pour faire face à  la crise dans le tourisme

Des actions à  court terme et des actions structurantes pour atténuer le choc
Les facteurs de risque identifiés et les actions listées pour y faire face.

Il vaut mieux prévenir que guérir : telle semble être la philosophie de Cap 2009, plan de riposte initié par le ministère du tourisme avec les professionnels pour amortir les ondes de choc de la crise mondiale sur le tourisme dont on voit déjà les effets sur cette activité au niveau international. Pour l’heure, et de l’aveu même du ministre de tutelle, Mohamed Boussaïd (voir aussi interview en page 28), le tourisme national tire son épingle du jeu, avec une évolution des arrivées de 6% pour les 10 premiers mois de 2008.
Ceci n’empêche pas d’anticiper les effets de la crise et de mettre en place un dispositif d’alerte pour réagir et maintenir le cap. C’est dans ce contexte qu’a été mise en place la «task-force» qui a, en quelques semaines, accouché d’une stratégie qui s’articule autour de quatre objectifs.
Le premier d’entre eux vise à atténuer les effets de la crise sur le court terme en lançant des actions pour consolider les parts de marché et des actions concentrées sur quatre régions, Marrakech, Fès, Agadir et Casablanca, pour dynamiser l’activité touristique. Objectif numéro 2 : maintenir la dynamique des investissements en consolidant la confiance des groupes impliqués dans les grands projets touristiques ( aménageurs développeurs, banques, institutionnels, etc.) Troisième objectif : agir sur les marchés émetteurs pour maintenir les parts de marché par l’intensification de la communication à travers les médias et la sensibilisation des TO notamment. Et enfin, quatrième ambition, dresser un bilan de Cap 2009 en communiquant sur les actions réalisées dans ce cadre et impliquer les opérateurs du tourisme sur les engagements pris.

Des clignotants sur toute la chaîne pour réagir rapidement
Il va de soi que ces actions ne vont pas être entreprises à l’aveuglette mais en fonction des facteurs de risque qui ont été identifiés et listés au niveau de chaque maillon de la chaîne touristique. On peut ainsi assimiler ces facteurs à des voyants d’alerte propres à chaque acteur. En effet, les signaux d’alerte hypothétiques retenus par Cap 2009 n’épargnent aucun métier lié au tourisme.
Ainsi, des signaux négatifs pour les hôteliers pourraient s’exprimer par l’arrêt des investissements de mise à niveau des établissements, ou encore par les hésitations ou la crainte des grandes chaînes internationales de s’engager dans la gestion des unités hôtelières. Même chose pour le monde des voyagistes qui pourrait envoyer des signaux par la renégociation des tarifs ou par l’arrêt du développement de leur réseau d’agences, etc.
Dans la même optique, la réduction de la fréquence des vols et la non-ouverture de nouvelles dessertes sont susceptibles de renseigner sur l’état de santé des compagnies aériennes.
S’agissant des TO étrangers, la sonnette d’alarme serait la déprogrammation du Maroc ou la révision à la baisse de leurs engagements ou encore leur volonté de renégocier les tarifs. L’exercice s’étend aux réactions des particuliers (les touristes) au niveau national et international mais également aux signaux envoyés par les médias, à travers les écrits ou les émissions TV et radio sur le Maroc. Mais, comme tient à le rappeler le ministre du tourisme, Mohamed Boussaïd, «il ne s’agit là que de pures hypothèses et aucune de ces situations n’est aujourd’hui signalée».

La baisse des nuitées est-elle inquiétante ?
Cela dit, il y a tout de même un hic : tout au long de l’année 2008, le nombre de nuitées dans les établissements classés a suivi une tendance baissière. Cet indicateur, pourtant un des plus importants dans l’activité touristique, n’a pas été retenu.
En principe, la «task-force» aurait pu inviter les hôteliers à s’impliquer individuellement pour infléchir cette tendance. D’ailleurs, certains, même s’ils ne sont pas nombreux, le font déjà de leur propre initiative en commercialisant les lits sur Internet ou en utilisant des techniques de vente modernes qui leur permettent de réduire leur dépendance vis-à-vis des TO. Mais, force est de constater que la plupart attendent les retombées des campagnes de promotion institutionnelles.
Ceci étant, dans le plan Cap 2009, une place importante est accordée au développement du tourisme interne. En effet, durant toute l’année 2009, des packages (hébergement et transport) seront proposés aux nationaux à des prix attractifs, notamment durant les week-ends, les périodes de vacances, etc. Il semble acquis que les professionnels s’engageront sur des tarifs adaptés aux bourses des nationaux et sur la disponibilité de lits, point faibles des programmes Kounouz Biladi lancés il y a quatre ans.
Enfin, il faut signaler que tous les engagements des professionnels seront consignés sous forme de contrat «Cap 2009», dont les termes seront finalisés d’ici la mi-janvier 2009.
Il reviendra, par la suite, à l’Observatoire du tourisme de piloter et d’assurer le suivi de ces actions tout en veillant à ce que les responsabilités des projets soient affectées aux acteurs indiqués. L’observatoire est également chargé d’élaborer un plan de communication à l’adresse des partenaires et du grand public.
Mais à quelque chose malheur est bon. Dans le plan Cap 2009, qui est prioritairement un plan de crise portant sur le court terme, on trouve aussi des actions et des mesures qui devront nécessairement être menées, indépendamment de la crise. En quelque sorte, la crise permettra d’enclencher un processus dont les résultats peuvent être intéressants même en période faste. C’est tant mieux !