Cactus : Aït Baâmrane touchée par la cochenille

Une opération a été lancée par l’ONSSA à la région Guelmim-Oued Noun afin d’encercler des zones infectées par la cochenille du cactus. L’opération a été effectuée sur une superficie de 6,5 hectares. L’identification des foyers d’infection suscite l’inquiétude des opérateurs.

La cochenille du carmin, appelée aussi cochenille du cactus, viendra-t-elle à bout de l’un des plus importants écosystèmes naturels au Maroc ? En tout cas, à Guelmim-Oued Noun, région jusque-là épargnée par cet insecte ravageur, deux foyers d’infection viennent d’être identifiés à la commune rurale de Sbouya et à Douar Ifioul aux environs de Sidi Ifni. S’en est suivie fin juillet une opération menée par l’ONSSA et à laquelle ont pris part des représentants du ministère de l’agriculture, de l’Office national du conseil agricole (ONCA) et de la Chambre régionale d’agriculture (CRA). Selon Salah Ritoune, chef de division de la protection des végétaux à l’ONSSA, des mesures d’urgence ont été prises afin d’empêcher la propagation de l’insecte, comme ce fut le cas dans la région de Rhamna, où les seules solutions qui se présentent désormais sont l’arrachage et l’enfouissement. «Les mesures que nous avons prises sont le traitement phytosanitaire des plants infectés, leur mise en sacs et leur enfouissement dans des fosses creusées pour l’occasion. Nous y utilisons la chaux et nous enterrons les plants arrachés que nous traitons et couvrons avec du plastique avant l’enfouissement», a-t-il précisé.

Mesures préventives

Les zones touchées représentent environ 4,5 hectares globalement. Une opération de prospection «généralisée et renforcée» a néanmoins permis de couvrir une zone de 6,5 hectares. Le but étant, nous dit M.Ritoune, de réaliser un traitement sans faille des plants touchés et de s’assurer qu’aucun symptôme d’infection ne soit détecté dans la zone traitée. Une étape qui sera suivie par des mesures préventives globales. «Cela consiste à poursuivre la prospection aux alentours des foyers d’infection. C’est une opération qui s’effectuera sur une base quotidienne et qui s’accompagnera par des traitements effectués à titre préventif sur les plants, mais également sur le sol en le pulvérisant», explique M.Ritoune.
Par la suite, les mesures préventives de prospection seront maintenues pendant un mois aux zones environnantes des foyers cités. Elles se sont poursuivies depuis fin juillet pour éviter toute contagion des zones environnantes et arrêter l’étendue de la zone frappée par la cochenille. Pour rappel, l’ONSSA avait accordé aux régions touchées les crédits nécessaires pour effectuer les opérations d’arrachage et de traitement. Le gros lot a été donné à la région de Rhamna, dotée de la deuxième plus grande superficie de plantations de figues de barbarie après Guelmim-Oued Noun (Aït Baâmrane). Selon toute vraisemblance, les efforts dans les régions touchées seront toutes orientés vers l’arrachage et l’enfouissement. Plusieurs coopératives ont en effet assuré que les dés sont jetés.

Les producteurs inquiets

Contacté par La Vie éco, Idriss Miftahi, président de l’association Sobbar Rhamna, affirme que les plantations ont été rasées dans la commune rurale de Sidi Abdellah, située à quelques kilomètres au nord de Skhour Rhamna. «Les traitements n’ont pas servi à grand-chose. Je crains que d’ici un an, nous n’aurons plus un seul plant de cactus dans notre région. Il faut descendre un peu plus au sud, aux environs de Kalaât Sraghna pour trouver des plants, bien qu’ils soient également touchés par la cochenille», nous a-t-il confirmé. Pour M. Miftahi, les mesures prises n’ont pas été capables de sauver la figue de barbarie, produit enblématique de cette région. Quelle solution préconise-t-il ? Essayer de protéger les autres régions, surtout la région d’Aït Baâmrane, dotée de la plus grande superficie de cactus au Maroc. À Aït Baâmrane, l’identification de deux foyers d’infection a suscité l’inquiétude des opérateurs. Kaltouma Achahour, manager de Sahara Cactus et présidente du GIE Sobbar Aït Baâmrane, soulève la problématique du traitement chimique, réputé nocif pour les zones non infectées. Evaluant la situation après l’identification des deux foyers cités, ces propos ne sont en aucun cas rassurants. «Il y a un réel risque que notre région subisse le même sort que Rhamna. Si les mesures prises ne s’avèrent pas efficaces, il est probable que cela se produise», a-t-elle déclaré.