Business des motos : pourquoi ça cartonne ?

Trois questions à Karim Kaissoumi, Président du Motocazz.

La Vie éco : Les Marocains sont-ils devenus des mordus de la moto ?
Effectivement. Les chiffres montrent que la moto connaît un succès fulgurant depuis deux à trois ans. Nous avons tenu la première édition du Motocazz, salon dédié exclusivement à la moto, en octobre dernier. Sur les quelque 20 000 visiteurs qui ont fait le déplacement, plusieurs demandaient déjà à acquérir certaines des motos exposées. J’ai échangé avec plusieurs d’entre eux afin de mieux comprendre ce qui les poussent vers les deux-roues, et j’ai pu confirmer ce que j’avais déjà observé : les facteurs coût et praticité sont déterminants. La moto est plus pratique et plus adaptée à la circulation en ville. Aussi, les gammes se sont tellement enrichies aujourd’hui que les futurs acquéreurs ont désormais l’embarras du choix.

A quel point la customisation facilite-t-elle la commercialisation ?
Elle la facilite grandement. Une grosse cylindrée de loisir reste, en moyenne, moins chère qu’une voiture. En déboursant un peu plus, le motard a la possibilité de la personnaliser à son goût. Le principe de personnalisation est de rendre « personnel » son véhicule. Quoi de mieux qu’une moto pour incarner cela. De plus, le développement au Maroc de la filière customisation y est sans doute pour beaucoup dans l’évolution remarquée du nombre d’immatriculations. Mais il ne faut pas occulter le segment de la moto d’occasion. Chaque année, des centaines d’unités sont proposées à la vente par leurs propriétaires après un passage chez le garagiste. C’est l’ensemble du secteur qui profite de cet engouement.

Reste-t-il encore une marge de développement ?
Je le pense solidement. La prochaine édition du Motocazz, qui sera tenue courant 2019, sera l’occasion d’en mesurer l’ampleur. A ce jour, cette rencontre est la première en son genre qui fédère toutes les marques et modèles. Par conséquent, ce sera à nouveau l’occasion de jauger l’évolution du secteur et prendre la mesure de l’intérêt que les Marocains portent pour les deux-roues. Je crois que l’engouement auquel nous assistons n’est qu’à ses débuts.