Budget 2007 : d’où vient l’argent ? où ira-t-il ?

Augmentation sensible des dépenses d’investissements et de la dette.
La masse salariale progressera de +6,9% à  cause des mesures du dialogue social n 90,6 milliards de DH d’investissements publics.
Forte croissante attendue des recettes fiscales n Déficit budgétaire aux alentours de 3 %.

Le ministre des finances et de la privatisation, Fathallah Oualalou, n’en démord pas : il poursuit inlassablement, depuis qu’il a en charge ce département (1998), l’objectif d’une maà®trise du cadre macroéconomique, gage, selon lui, d’une croissance forte et durable. Pour cela, une gestion rigoureuse des dépenses et une optimisation des recettes s’imposent.

Le budget de 2007 ne dérogera pas à  la règle. A commencer par les dépenses qui s’établissent à  194,5 milliards de DH contre 167,1 milliards de DH en 2006, soit une progression de 16,4 % (ou + 27,4 milliards de DH). Comme à  chaque exercice, le gros de ces dépenses ira au fonctionnement avec un montant de 109,5 milliards de DH contre 101,1 milliards en 2006 (+8,3%). Et dans ces dépenses de fonctionnement, le poste des dépenses de personnel occupe, comme à  l’accoutumée, une place prépondérante avec 62,7 milliards de DH, contre 58,7 milliards en 2006 (+ 6,9 %). En dépit de la limitation des créations d’emplois à  7 000 postes budgétaires, correspondant au nombre de postes libérés du fait des départs à  la retraite pour limite d’âge et de la lutte contre le phénomène des fonctionnaires fantômes, entre autres, cette hausse de la masse salariale demeure malgré tout importante. Pour le ministère des finances, cette croissance du niveau des dépenses du personnel est le résultat des charges additionnelles consécutives aux mesures de relèvement des rémunérations des fonctionnaires prises dans le cadre du dialogue social.

Les charges de compensation toujours élevées
Le deuxième poste important dans les dépenses de fonctionnement est celui des charges communes : 26,3 milliards de DH contre 23,8 milliards en 2006 (+ 10,20 %). Et là , l’essentiel de l’enveloppe va aux charges de compensation avec 13,4 milliards de DH pour le soutien des prix des denrées de base et l’apurement des arriérés de compensation des produits pétroliers, et 10,2 milliards pour financer la contribution patronale de l’Etat à  la CMR. Enfin, le troisième poste du budget de fonctionnement est relatif, lui, aux dépenses de matériel et dépenses diverses (eau, électricité, télécommunications, etc.) : 17,1 milliards de DH contre 16,1 milliards en 2006, soit une augmentation de 6,06 %. Le département des fsinances explique cette hausse par l’ouverture de nouveaux services dans l’enseignement et la santé notamment. Les responsables du ministère des finances en concluent que les mesures prises pour réduire le train de vie de l’administration ont donné des fruits.

L’autre gros chapitre des dépenses du budget général, ce sont les dépenses de la dette : un peu plus de 59 milliards de DH, contre 44,4 milliards en 2006 (+ 32 % ou 14,6 milliards de DH). Avec le choix qui a été fait de privilégier le recours à  l’endettement interne et de gérer de manière active la dette extérieure, le résultat est que le gros des remboursements en intérêts et principal concerne la dette intérieure : 49,5 milliards de DH contre 9,5 milliards pour la dette extérieure. Le ministère des finances annonce, à  ce propos, que pour réduire le service de la dette, deux actions seront poursuivies. Il s’agira, en amont, de renforcer l’épargne budgétaire afin de limiter les besoins de financement du Trésor et donc le recours au marché, et, en aval, d’étendre, à  partir de 2007, la gestion active de la dette, réservée jusque-là  à  la dette extérieure, à  la dette intérieure.
En troisième position, enfin, il y a les dépenses d’investissement : le montant des crédits ouverts pour ce chapitre s’élève à  près de 26 milliards de DH, contre 21,5 milliards en 2006 (+ 20,5%). L’effort est important, puisque c’est la première fois que le budget d’investissement du budget général atteint un tel niveau.

Maà®trise du cadre macroéconomique
Et si on ajoute à  cela les crédits d’engagements sur l’année budgétaire 2008 (13 milliards de DH), les crédits de report correspondant aux crédits engagés en 2006 mais non ordonnancés à  la fin de l’année (8 milliards de DH), les dépenses du Fonds Hassan II (3,4 milliards), celles des comptes spéciaux du Trésor (7,8 milliards), des collectivités locales (environ 6 milliards), des entreprises et établissements publics (58,2 milliards) et des services de l’Etat gérés de manière autonome (290 millions de DH), on atteint un volume global des investissements publics de l’ordre de 90 milliards de DH.

Mais toutes ces dépenses seront-elles couvertes par les recettes ? En dépit des efforts déployés pour améliorer le rendement de la fiscalité, puisque l’essentiel des recettes provient de là , l’année 2007 devrait être clôturée avec un déficit budgétaire de l’ordre de 3 %. Contre un volume de dépenses du budget général de 194,5 milliards de DH, les montants des recettes prévisibles dépasseraient légèrement les 179 milliards de DH contre tout de même 166,5 milliards en 2006. Sur ce montant global, les recettes fiscales devraient drainer, à  elles seules, quelque 113,25 milliards de DH, contre 100,05 en 2006 (+ 13 %). Le reste est attendu des produits des monopoles et exploitations et participations financières de l’Etat (7,9 milliards de DH), des recettes d’emprunts, dons et legs 51,1 milliards), des privatisations (4,5 milliards) et des autres recettes, notamment la redevance de transit du gazoduc Maghreb-Europe (2,1 milliards).

Avec les mesures prises dans le projet de budget pour 2007, notamment celles relatives au volet fiscal, les recettes pourraient cependant dépasser les prévisions, comme c’est d’ailleurs le cas ces dernières années, et surtout en cette année 2006. Moyennant quoi, malgré le poids les charges encore lourdes de la compensation et de la dette, le recul progressif des recettes de privatisation et des droits de douane, le cadre macroéconomique reste maà®trisé. Cela dénote, qu’on le veuille ou non, d’une amélioration, d’une année à  l’autre, du rendement fiscal et d’une gestion de plus en plus rigoureuse des dépenses publiques.

Les finances, l’éducation et la défense absorbent 66% des ressources
Répartition des dépenses de fonctionnement et d’investissement par institution (en MDH)

Finances et privatisation 35 735
Education nationale 34 289
Défense nationale 19 730
Intérieur 10 599
Santé 7 374
Agriculture, dvpt rural et pêches 3 614
Equipement et transports 3 389
SM le Roi, cour royale 2 861
Justice-tribunaux 2 649
Aménagement du territoire 2 210
Affaires étrangères 1 669
Tourisme et artisanat 880
Emploi et formation professionnelle 815
Habitat et urbanisme 809
Habous & affaires islamiques 723
Communication 694
Energie et mines 477
Eaux et forêts 460
Parlement 445
Développement social 396
Jeunesse 390
Culture 324
Haut commissariat au plan 322
Industrie commerce et mise à  niveau 259
Premier ministre – SGG 148
Affaires économiques et générales 74
Modernisation des secteurs publics 71
Commerce extérieur 31
Source : Ministère des Finances