BTP : le 2e contrat-programme pourrait être signé en juin

Les conclusions d’une des quatre études commanditées par la fédération viennent d’être remises.
La concurrence des entreprises étrangères sur les chantiers de l’Etat jugée déloyale.

Le secteur du BTP devra attendre encore deux mois avant de pouvoir signer son deuxième contrat-programme avec le gouvernement. C’est que, auparavant, la fédération du secteur (FNBTP) devra d’abord valider les conclusions de plusieurs études qu’elle avait commanditées en 2008 et qui devront lui servir de base pour les négociations. «Eu égard à l’état d’avancement des études, nous pouvons dire que nous attendons la signature dudit contrat-programme pour juin prochain», confie Mostapha Meftah, directeur délégué de la FNBTP.
Lors de son dernier conseil d’administration, tenu les 4 et 5 avril à Fès, les conclusions de la première étude, relative à l’évolution stratégique du secteur, ont été soumises aux membres. Les nouvelles sont plutôt rassurantes. «Les chefs d’entreprises sondés sont confiants pour le court et le moyen terme. La crise économique qui sévit actuellement épargne le secteur», assure M. Meftah. Logique pour une filière qui engrange les commandes de travaux d’infrastructure lancés par un gros maître d’ouvrage : l’Etat.

Les concurrents étrangers accusés de déstructurer le marché
Lors de la réunion du conseil d’administration, les discussions se sont concentrées sur la rude concurrence des entreprises étrangères. «La conjoncture a attiré au Maroc des entreprises internationales qui, pour certaines d’entre elles, ne sont pas toujours respectueuses des conditions de concurrence loyale», souligne M.Meftah. Les entreprises des BTP soulignent que certains de leurs concurrents étrangers «déstructurent» le marché. Et ce, de deux manières.
«Certaines entreprises étrangères soumissionnent à des prix inférieurs aux coûts de revient, ce qui les oblige par la suite à délaisser le chantier faute de moyens. Cette situation est désavantageuse aussi bien pour le donneur d’ordre que pour les entreprises nationales» , souligne-t-on. Les entreprises du BTP reprochent également à leurs concurrents étrangers de leur sous-traiter les marchés à des conditions beaucoup moins avantageuses.
Enfin, les pouvoirs publics sont interpellés sur deux autres volets : l’accélération des réformes du champ réglementaire et la mise à disposition au profit du secteur de ressources financières et techniques destinées à garantir une formation professionnelle adéquate.
Last but not least, l’étude recommande une meilleure restructuration financière des entreprises et un renouvellement des moyens de production. Les chefs d’entreprises sondés en sont d’ailleurs conscients.
«Ils disent être prêts à investir dans un nouveau matériel et les ressources humaines, mais exigent que la modernisation corresponde à une augmentation de leur part de marché», rétorque M.Meftah de la FNBTP.