BTP : la signature du contrat programme annoncée pour fin juin

Aucun changement de taille dans la mouture finale du contrat programme. Les professionnels insistent sur le maintien de la commission paritaire auprès du chef du gouvernement prévue dans le contrat programme. La commande publique et les marchés de l’Afrique subsaharienne sont les moteurs de la relance.

Les professionnels du BTP, ingénierie comprise, attendent toujours la signature de leur contrat programme. Programmée en marge du salon BTP Expo qui a eu lieu le 27 novembre 2017, cette cérémonie avait été ajournée en raison de la conjoncture politique défavorable (limogeage des ministres, mouvement social d’Al Hoceima…) qui prévalait, expliquent des membres des différentes fédérations professionnelles. «La balle est dans le camp du gouvernement qui a préféré s’occuper d’autres dossiers -plus urgents- que le contrat programme», se désole un patron du secteur. Le gouvernement ne fait pourtant montre d’aucune réticence. «Les réunions sont satisfaisantes et n’ont pas donné lieu à des changements de taille si ce n’est quelques détails», souligne notre source. Une partie de la profession avance que la signature se fera d’ici à fin juin.

La préférence nationale encore peu appliquée

Cette feuille de route, une fois adoptée, offrira une bouffée d’oxygène au secteur (voir encadré). Mais d’autres efforts sont consentis en parallèle pour relancer le secteur. Il s’agit notamment de la mise en place de la Commission nationale de la commande publique (CNCP). Cette institution devra jouer un rôle important dans l’encadrement de la commande publique et la maîtrise de la dépense publique. Entre autres prérogatives, la commission se charge de traiter les réclamations des entreprises et peut même être une force de proposition au chef du gouvernement dans la prise de décision dans la passation des marchés. «L’un des axes du contrat programme comprend la constitution d’une commission paritaire auprès du chef du gouvernement. La CNCP peut jouer le même rôle que la commission paritaire. Toutefois, nous tenons toujours à la mise en place de cette dernière», martèle un opérateur.

La profession insiste également sur le respect de la préférence nationale qui n’est appliquée que par le ministère de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, fait remarquer une source qui précise que le reste des entités publiques la respectent rarement.

L’année 2018 sous le signe de la relance

L’année 2018 est donc porteuse d’espoirs pour le secteur. En plus de la mise en œuvre imminente du contrat programme, les opérateurs se disent optimistes quant à la reprise du secteur du BTP et de ses métiers adjacents, en l’occurrence les matériaux de construction. Cet optimisme trouve son origine dans le maintien par l’Etat de ses investissements publics qui représentent plus de 70% du carnet de commande des entreprises du BTP. En effet, l’enveloppe budgétaire allouée à l’investissement dans la Loi de finances 2018 s’élève à 195 milliards de DH, soit 5 milliards de DH de plus par rapport à 2017.

Dans la promotion immobilière, plusieurs projets devraient contribuer à la relance du secteur, même s’il ne représente qu’une infime partie du chiffre d’affaires des sociétés. Dans le même ordre d’idées, tous les espoirs sont permis sur l’international, notamment en Afrique, vu l’expertise des entreprises de BTP et les projets de développement engagés dans nombre de pays. David Toledano, président de la Fédération des matériaux de construction, partage les mêmes espérances: «Certains secteurs montrent déjà quelques signes de reprise, d’autant que le marché s’est assaini. Les intervenants opportunistes se sont effacés au profit d’opérateurs impliqués». Un tel environnement est favorable aux producteurs de carreaux qui font les frais d’une offre pléthorique en raison notamment des importations. «Un accord tacite a été conclu entre l’Association professionnelle des industries de la céramique et les importateurs en vue d’éviter d’introduire des produits de bas de gamme», explique M.Toledano. Ceci devra permettre de retrouver des prix convenables.

Mieux encore, plusieurs projets ont été lancés dans le cadre du contrat de performance, que ce soit pour les produits en béton, la briqueterie ou la cimenterie et ce, spécifiquement dans la région du Souss. En revanche, «les secteurs du marbre et de la céramique accusent toujours un léger retard, qui sera rattrapé sans délai», assure M.Toledano.

En tout cas, pour consolider les différentes activités, une cellule d’animation sera mise en place au sein de la fédération. Sa mission est d’apporter l’assistance nécessaire aux différentes associations des matériaux de construction en vue de lancer leur programme, et ce, à travers la réalisation d’études sectorielles pour cerner les problèmes et attentes de chaque sous-secteur.

Plusieurs objectifs sont fixés dans la feuille de route du secteur du BTP à l’horizon 2022. Les signataires comptent ainsi maximiser les retombées économiques de la commande publique, disposer d’une ingénierie pérenne, performante et compétitive, consolider le rôle de la FNBTP et la FMCI en tant qu’interlocuteurs des pouvoirs publics… Pour les atteindre, un plan d’action a été défini qui vise à assurer la visibilité du secteur à travers la mise en place de l’Observatoire du BTP et le partage de l’information, entre autres. De même, le renforcement des compétences humaines ou encore la représentation du secteur, l’accompagnement des entreprises dans leur processus d’internationalisation sont autant de mesures prises en compte par les professionnels et les pouvoirs publics.