BTP et Immobilier : le secteur semble s’enfoncer en ce début d’année

• La consommation nationale du ciment a régressé de 10% à fin janvier.
• L’infrastructure reste la branche la plus dynamique.
• Le HCP prévoit une reprise de ces deux secteurs au cours même de cette année.

La consommation nationale du ciment peine à se remettre sur pied. A fin janvier, les ventes ressortent en recul de 12,3% par rapport à janvier 2020. Ce qui correspond à un volume de 1 037 005 tonnes. Le principal baromètre du BTP s’enfonce, après une année au bout de laquelle il a essayé tant bien que mal de rattraper sa contre-performance affichée au 1er semestre, pour finir l’année sur une baisse de 10%. Une année auparavant, les livraisons ont clôturé en 2019 sur une hausse de 2,6%.
L’on peut mettre cette contre-performance sur le volume exceptionnel de pluviométrie qu’a connue le pays. «En effet, les dernières conditions climatiques n’étaient pas favorables et ont donc pousser à suspendre les chantiers déjà entamés, jusqu’à assèchement complet du chantier lui-même. Ce qui n’était pas chose aisée, puisque les précipitations ont duré plusieurs jours successifs», explique notre source. Ce qui réconforte davantage ce constat, c’est l’évolution de la matière au même mois les deux précédentes années, où les précipitations faisaient grand défaut. Les ventes avaient dès lors affiché une hausse de 5,3% en 2019 et de 2,7% en 2020.
Même si la répartition de la consommation n’est pas disponible pour le mois passé, les professionnels assurent que la situation reste inchangée, dans le sens où c’est le segment de l’infrastructure qui accapare le gros des ventes, le reste des branches dont le BPE et le préfa restent en retrait. «Et heureusement d’ailleurs, autrement, les ventes se seraient creusées à des niveaux jamais atteints auparavant», assure un professionnel du secteur.
En tout cas, les chantiers de l’Etat se maintiennent, même si ce n’est pas avec la même cadence que les années passées. Entre ouvrages d’art, mise à niveau de routes et d’autoroutes, aménagement urbain, projets publics, bâtiments…, la commande publique reste solide. En revanche, le secteur immobilier passe toujours par une mauvaise passe. Les mises en chantier redémarrent de façon légère et les promoteurs immobiliers ne veulent pas s’aventurer sur de nouveaux projets tant que le manque de visibilité continue de persister. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux souffrent toujours de problèmes de trésorerie. D’où un recours massif au produit Damane relance destiné à la promotion immobilière. Comme un problème ne vient jamais seul, la situation s’est aggravée davantage avec les derniers changements introduits dans les demandes d’autorisation de construire qui devront contenir, en plus de la notice de sécurité, une fiche d’efficacité énergétique. «Les professionnels compétents en la matière ne manquent pas. Mais, il s’agit de documents qui augmentent le coût de quelques milliers de DH. D’autant qu’il faut un temps d’adaptation pour intégrer ces nouveautés dans la manière de faire», estime un spécialiste de l’immobilier. Quoi qu’il en soit, ces conditions ont conduit donc à une baisse de la consommation du ciment, qui, elle, a entraîné sur son passage une régression des ventes du préfa, surtout que 70% de la production vont vers ce secteur.
Une situation qui risque de durer encore, selon certains professionnels, puisque l’immobilier, dont l’offre est riche et abondante, reste confrontée à un problème de demande et de pouvoir d’achat inadapté aux prix proposés.
Toutefois, le HCP prévoit une croissance de 5,1% en cette année du secteur du BTP, après une chute de 9,8% en 2020. Cela serait redevable au dynamisme que devra afficher l’activité des travaux d’infrastructure favorisée en cela par la hausse de l’investissement public. Hormis les projets publics, les professionnels espèrent un accompagnement étatique en vue de permettre à certaines entreprises, au bout du gouffre, de se ressaisir et de poursuivre leur rôle premier qui est la contribution à la relance de l’économie nationale. L’institution réserve de bons présages pour la branche du bâtiment également. Elle pronostique ainsi une reprise de la demande grâce à la politique publique et à la mise en place d’une nouvelle politique axée sur la digitalisation.