Bourse de Casablanca : Opération relifting

Le ministère de l’économie et des finances vient de déposer auprès des membres du gouvernement un projet de loi relatif à  la Bourse des valeurs, aux sociétés de Bourse et aux conseillers en investissement financier.

Décidément, le marché des capitaux marocain poursuit sa cure de jouvence. Une cure entamée depuis vingt ans déjà grâce à des mutations profondes insufflées par les différentes réformes qui ont permis de renforcer son efficience, que ce soit au niveau national ou sur le plan international. Aujourd’hui, le marché des capitaux marocain passe à la vitesse supérieure. Et dans un esprit de continuité, c’est une nouvelle phase de réformes qui voit le jour. Dans ce sillage, la Direction du Trésor et des finances extérieures, relevant du ministère de l’économie et des finances, vient de déposer auprès des membres du gouvernement un projet de loi relatif à la Bourse des valeurs, aux sociétés de Bourse et aux conseillers en investissement financier. 

Dans sa note de présentation, ce projet de loi n°19-14 explique qu’il est nécessaire de lancer une nouvelle phase de réformes afin de mettre en place de nouvelles structures répondant aux besoins exprimés par les opérateurs de marché et de rapprocher ce marché aux normes et standards internationaux. Dans ce cadre, le projet de loi vient abroger et remplacer le dahir portant loi n°1-93-211, du 21 septembre 1993, relatif à la Bourse des valeurs. Il vise, d’une part, à moderniser le cadre législatif régissant la Bourse des valeurs et, d’autre part, à permettre la mise en place de nouveaux marchés favorisant l’émergence de relais de croissance. 

Ainsi, ce sont cinq principales dispositions qui sont apportées par le projet de loi. Il vise donc à la création de deux marchés, la cotation des entreprises étrangères, une meilleure répartition du pouvoir normatif de la loi, l’encadrement de l’activité des conseillers en investissement et les services d’investissement et enfin l’élargissement des activités qui peuvent être exercées par les sociétés de Bourse. 

Autant de réformes qui viennent s’inscrire dans la dynamique actuellement engagée pour sortir le marché boursier marocain du blocage qu’il connaît. Un blocage clairement identifié lors de la deuxième édition des Meetings de la Finance tenue récemment à Casablanca. En effet, en juin dernier, les plus grands acteurs de la finance marocaine ont été unanimes à penser et à dénoncer que le Maroc n’a plus le droit de faire les mêmes erreurs que par le passé. En 2004, quand le marché boursier était florissant, l’occasion de lui bâtir un socle solide a été manquée. Aujourd’hui, vu les enjeux et l’ambition de positionner le Royaume en hub régional, il n’y a plus de place à l’improvisation. Ainsi, l’appel a été donné pour que tous les acteurs de la finance marocaine s’unissent pour trouver une solution au problème de liquidité que rencontre le marché boursier. 

C’est ainsi que le projet de loi n°19-14 vient s’inscrire dans la dynamique visant à sortir le marché financier de son inertie afin qu’il remplisse son rôle de booster de l’économie nationale.