BNDE : deuxième augmentation de capital

Il passe de 643 MDH à 1,07 milliard de DH, mais les fonds propres restent négatifs
Avec les reprises sur provisions et la vente de certains actifs, ce qui reste de la banque devait être bénéficiaire en 2004.

Le capital de la Banque nationale de développement économique (BNDE) a été augmenté de 428,5 MDH à 1,07 milliard de DH. Cette opération, réalisée fin janvier, est la deuxième du genre, après celle de septembre 2004, qui avait hissé le capital de 300 MDH à 643 MDH par injection d’argent frais. Mais au vu de l’ampleur des dégâts incarnés par des fonds propres négatifs qui s’élevaient à -1,8 milliard de DH à l’issue du premier semestre de l’année écoulée, les deux principaux actionnaires doivent vraisemblablement passer une nouvelle fois à la caisse. Et pour cause, la restructuration de la banque devrait coûter 2 milliards de DH, dont 70 % pris en charge par l’Etat, et 30 % par la CDG.

4 milliards de DH de créances traitées par la justice
Actuellement, le leitmotiv des dirigeants et de ce qui reste de salariés – un peu moins d’une centaine, contre près de 350 avant que les problèmes ne se déclarent – est le recouvrement tous azimuts. Sur près de 4 milliards de DH de créances contentieuses traitées par la justice, seulement 150 MDH ont pu être recouvrés à fin janvier 2005.
Le front du recouvrement à l’amiable a, certes, été plus performant avec une récupération de 1,4 milliard de DH au cours des 18 mois écoulés, mais les équipes dédiées à cette tâche et épaulées par la CDG ont encore fort à faire pour accélérer la transformation de la banque. Car celle-ci passe d’abord par un trait définitif sur son passé peu glorieux de banque commerciale. La cession, en octobre 2004, au prix de 207 MDH, des 11 agences BNDE délestées des créances en souffrance, à la BMAO (avant l’adossement de cette dernière, à son tour, au Crédit agricole) en fut une étape décisive. Celle du transfert de certaines filiales de la CDG, dont Safabourse et la CD2G, à la nouvelle BNDE émergente n’interviendra qu’une fois l’assainissement de son bilan achevé.
En attendant cet épilogue, la BNDE devait, dès fin 2004, renouer avec les bénéfices et contribuer, par ses propres moyens, à améliorer sa structure financière. En effet, le recouvrement en cours ne manquera pas de générer des reprises importantes de provisions. Par ailleurs, les plus-values réalisées sur la cession de son patrimoine immobilier, notamment son siège, vendu au Crédit agricole à 160 MDH et ses agences, dont les fonds de commerce ont été estimés à 101 MDH avant leur apport à celui-ci, sont substantielles. Ainsi, le deuxième semestre de l’exercice écoulé devrait être à même de compenser la dernière perte à fin juin et de permettre, du coup, à l’année 2004 d’être globalement bénéficiaire.