BMCE Bank vend 3% de son capital à  ses salariés, un futur jackpot à  nouveau ?

Une augmentation de capital réservée aux personnels de la banque, de ses filiales financières et du holding FinanceCom.
Il n’y aura probablement pas de prix garanti à  la cession.

Et rebelote. Après deux opérations d’offres publiques de vente (OPV) réservées aux salariés menées en 2003 et 2005, Othman Benjelloun, PDG de BMCE Bank, récidive en décidant d’opérer une nouvelle augmentation d’environ 3% du capital de la banque. Cette opération décidée dans le cadre de la commémoration  du cinquantenaire de l’établissement est exclusivement réservée aux personnels de la banque, de ses filiales financières et du holding FinanceCom.
«Les conditions d’acquisition des actions seront fixées avant la tenue de l’assemblée générale extraordinaire prévue dans les prochaines semaines», explique-t-on auprès de la banque. Mais quelques indiscrétions commencent déjà à filtrer, notamment en ce qui concerne la revente des actions. «Normalement, et contrairement aux OPV précédentes, aucune garantie du prix à la vente n’est prévue cette fois-ci», confie une source à BMCE Bank. Il est à rappeler que la banque s’était engagée auprès des acquéreurs à leur garantir un prix de cession minimal équivalent à leurs mise de départ, à condition qu’ils conservent leurs titres pendant deux ans.
En tout cas, le cours de l’action ayant été divisé par dix, en même temps que le nombre de titres était multiplié par le même facteur, le nombre d’actions nouvellement émises sera certainement plus important que lors des précédentes OPV réservées. Si l’on ajoute à cela le cours plus bas qu’à l’époque (240 DH, contre 400 DH lors de la première opération et 525 DH lors de la deuxième), l’OPV actuelle devrait intéresser le personnel du groupe.
Pour ce qui est du prix d’acquisition, il sera fixé «en fonction des conditions du marché, sur la moyenne enregistrée par les cours de l’action durant toute l’année 2009» , estime-t-on.
L’OPV rapportera-t-elle autant aux salariés du groupe que les précédentes opérations? Avec un cours de 240 DH, l’action pourrait se redresser de manière importante au vu de l’ampleur de sa variation négative depuis le début de l’année (-12%), mais il n’est pas dit que la plus-value soit aussi mirobolante que celle des OPV précédentes qui ont permis aux salariés actionnaires de surfer sur l’euphorie du marché boursier.
En effet, lors de la première opération, les salariés avaient acquis les actions à un prix de 400 DH et avaient pu les vendre à un cours compris entre 500 et 1 000 DH. La deuxième fut plus juteuse pour eux, puisque pour un prix d’achat de 525 DH, le coût de revente avait varié entre 2 500 et 3 000 DH, soit une plus-value allant jusqu’à 471%. «Pour un cadre moyen touchant un salaire net mensuel variant entre 8 000 et 10 000 DH, les deux OPV avaient rapporté entre 300 000 et 350 000 DH», se rappelle un ex-cadre de la BMCE. Sera-ce le cas pour cette troisième opération ? Quel que soit le résultat, l’initiative est positive.