BMCE Bank : un exercice 2012 sauvé par l’Afrique et des dividendes exceptionnels

Le PNB social s’est apprécié de 13%, à  4,6 milliards de DH, et le résultat net de 31%, à  713 MDH. La part des revenus en dividendes dans la formation du résultat net est montée à  63%. Le coefficient d’exploitation reste élevé et la rentabilité des fonds propres encore basse.

Confrontée depuis plusieurs années à une sous-performance opérationnelle et financière, BMCE Bank redore considérablement son blason en 2012, grâce en bonne partie à une politique agressive en matière de remontée de dividendes auprès des filiales. En effet, alors qu’en 2011 les indicateurs en base sociale (activité de la maison mère uniquement) n’avaient rien de reluisant avec un PNB et un résultat net en petite croissance (respectivement 2,8%, à 4 milliards de DH et 4%, à 545 MDH) et, surtout, une productivité en berne avec un coefficient d’exploitation à 65%, le vaisseau amiral du groupe Benjelloun a réussi à renouer, à l’issue de l’exercice écoulé, avec des progressions à deux chiffres, notamment au niveau du PNB qui s’est apprécié de 13%, à 4,6 milliards de DH, et du résultat net en amélioration de 31%, à 713 MDH. Une performance d’autant plus appréciable qu’obtenue dans une conjoncture sectorielle marquée par la remontée du coût du risque et le resserrement des liquidités et dépassant sensiblement, pour la première fois depuis 2009, les réalisations des concurrents directs.

120 MDH retirés de BMCE Bank Madrid

Cette performance doit la part belle à une contribution exceptionnelle des filiales qui ont servi à leur maison mère une manne providentielle de 451 MDH contre à peine 212 MDH en 2011, et ce, en puisant pour bon nombre d’entre elles dans leurs propres réserves. Cette ponction inhabituelle a hissé à 63% la part des revenus en dividendes (lesquels sont exemptés, chez le bénéficiaire, d’impôts sur les sociétés) dans la formation du résultat net contre 39% en moyenne au cours des trois dernières années.

Plus inédit encore : le deuxième groupe bancaire privé du pays s’est servi à hauteur de 120 MDH dans les fonds propres de sa filiale BMCE Madrid (soit près du triple de son résultat net 2011) avant d’y réinjecter immédiatement un montant identique dans le cadre d’une recapitalisation (pour ne pas dégrader le ratio de solvabilité de sa filiale). 

La part de l’activité bancaire domestique dans le résultat consolidé en baisse depuis trois ans

Malgré tout, la banque a du mal à atteindre les niveaux de performance souhaités. En témoignent le coefficient d’exploitation qui caracole encore à plus de 60%, bien loin des 55% annoncé comme objectif prioritaire à fin 2012, lors de la présentation des résultats 2010, et davantage de la moyenne du benchmark qui se situe à 45%, ou encore de la rentabilité des fonds propres qui oscille, depuis quatre ans, entre 5% et 6%.

Pour ce qui est de la performance consolidée, et sachant que les dividendes remontés des filiales composant le périmètre de consolidation y sont neutralisés, elle a été naturellement moins vigoureuse avec un PNB consolidé et un résultat net part du groupe qui se sont améliorés respectivement de 10,8%, à 9 milliards de DH et 8,6%, à 923 MDH. Mais, hormis le sempiternel talon d’Achille du coefficient d’exploitation qui donne encore du fil à retordre au management, les résultats consolidés dénotent, tout de même, d’un excellent millésime des activités à l’international. Seule ombre au tableau, et elle est de taille, la montée en puissance des filiales africaines chapeautées par le holding BOA Group s’inscrit sur une toile de fond d’un effondrement de la rentabilité domestique et, a fortiori, celle de l’activité bancaire de l’entité mère. En effet, alors que l’activité de la Banque au Maroc est toujours prépondérante dans le total bilan du groupe en représentant près de 69% depuis trois ans, sa contribution à la performance opérationnelle et à la marge nette consolidées est en chute libre à telle enseigne que sa contribution au résultat net part du groupe est revenue à 31% à peine contre en 2010. C’est dire que la banque a encore du chemin à faire pour redresser sa rentabilité intrinsèque et l’aligner sur celle des meilleurs élèves du secteur.