BMCE-Bank trouve son partenaire étranger

10% du capital sera cédé à la banque française CIC à 500 dirhams par action.

A la BMCE-Bank, l’heure est aux bonnes nouvelles, au grand bonheur de son principal actionnaire et des boursicoteurs en quête de visibilité. La banque de Othman Benjelloun vient d’annoncer la signature d’un accord de partenariat avec le Crédit industriel et commercial, plus connu sous son acronyme CIC. Cette filiale du groupe français Crédit Mutuel acquiert une participation de 10% du capital de BMCE-Bank, marquant ainsi son retour au Maroc après une sortie du tour de table de la BCM en 1998 au profit de l’ONA. La transaction se fera sur la base d’un prix de 500 dirhams par action, supérieur de 16,3% au cours du marché au 14 juin. L’écart, supérieur de 10% au cours en Bourse a nécessité une dérogation spéciale du CDVM qui l’a accordée, affirmant dans un communiqué de presse que cette différence de prix «pourrait être justifiée». L’accord, signé le 7
juin, porte sur un total de
794 MDH et les deux parties prévoient de concrétiser l’opération avant la fin du mois en cours. L’avis favorable des autorités monétaires et réglementaires est acquis.
Échaudé par sa mésaventure avec la Caisse d’épargne française, M. Benjelloun a préféré assurer ses arrières. Des consultations entreprises par lui-même et Michel Lucas, président du directoire du CIC, auprès de Fathallah Oualalou et Abdellatif Jouahri leur ont permis d’obtenir un aval.
S’il a été relativement facile d’obtenir cet «avis de recevabilité», c’est peut-être en raison, d’une part, de la naissance tant souhaitée par les autorités d’un «champion national» issu de la fusion BCM- Wafabank, et, d’autre part, de l’amélioration des fondamentaux de BMCE Bank à qui il était demandé de s’aligner sur les normes prudentielles avant toute ouverture. Chose aujourd’hui acquise grâce à la conjonction de plusieurs éléments : assainissement du portefeuille de créances (plus de 700 MDH de dotations globales brutes aux provisions à fin décembre 2003), consolidation de l’assise financière (cession de certaines participations, émission d’un emprunt subordonné de 500 MDH…), excellents résultats 2003 (408 MDH, en hausse de 45% par rapport à 2002)… Autant de points qui ont contribué au redressement des différents ratios.

Les deux partenaires lorgnent le marché maghrébin
Et si on ajoute à cela le fait que les 10% du capital ont été cédés par Finance.com et que le produit de cession servira au désendettement de cette dernière vis-à-vis de BMCE-Bank, le prix de 500 dirhams par action peut effectivement se justifier. On peut sûrement s’attendre à une hausse des cours dès la reprise de cotation de la valeur. Mieux encore, une récente étude d’Upline Securities, qui recommandait d’acheter fortement le titre BMCE-Bank, n’avait pas écarté un retour de la valeur à ses anciens niveaux de cours (700 dirhams par action).
A BMCE-Bank, on n’hésite pas à mettre en avant les bienfaits de ce partenariat -qui pourrait être étendu à d’autres groupes étrangers – sur la stratégie future et les fondamentaux de la banque. Il servirait, entre autres, les ambitions de développement régional de BMCE-Bank et du CIC et devrait dynamiser leur positionnement sur le continent africain. Les deux partenaires ont les yeux rivés sur les marchés algérien, tunisien, libyen et mauritanien, compte tenu de leur ouverture croissante sur de nouvelles zones de libre-échange. La BMCE a tout à gagner en se rapprochant d’un senior aux 23 500 collaborateurs, 3,2 millions de clients et 1 627 agences spécialisées par marché