BMCE Bank poursuit le renforcement de ses fonds propres

La banque vient de boucler son dernier emprunt obligataire subordonné d’un montant de 1 milliard de DH. Sur quatre ans, elle a levé 8.5 milliards, dont 50% en emprunts subordonnés et 50% en augmentations de capital.

BMCE Bank poursuit sa politique de renforcement des fonds propres. Elle vient de boucler l’émission de son dernier emprunt obligataire subordonné (quasi-fonds propres) portant sur un montant d’un milliard de DH. En un peu plus de 4 ans, la banque a levé près de 4 milliards de DH répartis entre 4 opérations. Sur la période, de toutes les banques de la place, seule Attijariwafa bank a levé plus avec 6 opérations totalisant 7,2 milliards de DH. Depuis 2008, la banque bleue a aussi opéré des augmentations de capital dépassant 4,5 milliards de DH.

Cet appétit se justifie d’abord par la nécessité d’améliorer le ratio de solvabilité de la banque, qui traduit sa capacité à faire face à l’ensemble de ses engagements par le biais de ses fonds propres. Sur ce plan, les différentes levées opérées ont porté leurs fruits puisque le ratio de solvabilité de BMCE Bank est en effet passé de 10,12% en 2009 à 12,4% au terme du premier semestre 2012, bien au-dessus du minimum réglementaire de 10% imposé à cette dernière date par Bank Al-Maghrib.

Elle finance également son plan de transformation

En prenant les devants, BMCE Bank reste conforme jusqu’à présent, même avec le relèvement du ratio de solvabilité minimal à 12% à compter de 2013 comme le prévoit le calendrier préétabli de l’Institut d’émission. Ceci n’a pourtant pas empêché la banque d’opérer une augmentation de capital de 1,5 milliard de DH en novembre dernier ainsi que sa dernière levée obligataire d’un milliard de DH.  

Il faut aussi dire que la banque lève des fonds pour financer ses opérations courantes. Sur ce plan, les besoins sont conséquents. Il y a bien sûr le maintien du développement du réseau à l’international, mais surtout l’urgence pour la banque est de redresser ses réalisations commerciales et d’améliorer sa productivité. En effet, entre 2007 et 2011, alors que la banque a englouti toujours plus de fonds propres (+89%), le résultat net part du groupe a perdu 3 MDH. Le coefficient d’exploitation, de loin le plus détérioré des banques cotées, pointe actuellement à 63%. Pour remédier à cette situation, le management a mis en place un programme de transformation. Celui-ci attaque de front la problématique de l’efficacité commerciale que l’on espère améliorer grâce au rapprochement du centre de décisions de la clientèle par l’institution de directions régionales. Pour ce qui est de l’amélioration de la productivité, la parade consiste en la création de Centres de service métiers (CSM). Sur le même plan, la banque a mis en place une centrale d’achat couvrant l’ensemble des domaines d’activité (IT, matériel, prestataire externe…) en vue d’une meilleure efficience dans l’acte d’achat. Autant de chantiers consommateurs en fonds.