BMCE Bank au chevet de Papelera de Tetouan

Depuis son introduction en Bourse, le producteur de pà¢te à  papier va de mal en pis

Embourbée dans ses propres problèmes, Cellulose du Maroc, la maison-mère, est incapable de conduire le plan de sauvetage.

Le 27 juin 2003, s’est tenu le conseil d’administration de Papelera de Tetouan. En cette période où les sociétés réunissent leurs actionnaires en assemblée générale ordinaire et convoquent, à l’occasion, pour certaines d’entre elles, des conseils qui jugent les résultats pré-semestriels, l’évènement peut paraître anodin. Mais pour Papelera, ce dernier conseil s’apparente davantage à une réunion de sauvetage qu’à une séance de routine. En effet, des sources proches de la société ont révélé à La Vie éco qu’un plan de restructuration aurait été approuvé par les administrateurs en vue de faire face aux difficultés actuelles dans lesquelles se débat la société.
Les capitaux propres ne représentent plus que les trois quarts du capital social
Les mêmes sources signalent la tenue récente d’une réunion des dirigeants de Papelera avec des représentants du groupe BMCE, appelé à contribuer financièrement au sauvetage. Pourtant, la banque d’Othman Benjelloun n’est actionnaire dans Cellulose du Maroc, la société-mère de Papelera, qu’à hauteur de 1%.
Papelera de Tetouan, producteur de papier, incarne l’exemple de l’échec le plus retentissant des annales de la Bourse de Casablanca. Depuis l’introduction en bourse, en 1998, de 20 % de son capital par sa maison-mère, son cours a entamé une baisse vertigineuse pour frôler , durant l’exercice écoulé, la barre des 10 DH ! Cette descente aux enfers ne fut que la traduction logique de la dégradation continue de ses ratios de rentabilité et de productivité une année après l’autre. Pire, en affichant des déficits de 56 MDH en 2001 et de 45 MDH en 2002, les fonds propres ont fondu pour ne totaliser, à fin 2002, que 72 MDH, ce qui représente tout juste les trois quarts de son capital social. Quant à la capitalisation boursière actuelle, elle se situe à un niveau encore plus bas, avec à peine 18 MDH. Ce qui signifie que le marché n’entrevoit pas encore de perspectives de redressement et la valorise en dessous de ses fonds propres. Et dire que Cellulose du Maroc avait déboursé plus de 200 MDH en 1996 pour l’acquérir dans l’optique de «sécuriser» ses ventes domestiques de pâte à papier !
Le groupe Benjelloun pompier de service ?
Somme toute, le plan de restructuration, qui prévoit un refinancement important et un programme de maîtrise drastique des coûts, serait à même de sortir la société tétouanaise de l’impasse. La participation de BMCE Bank qui en est le plus gros créancier pallierait ainsi l’incapacité de Cellulose du Maroc, elle même embourbée dans ses propres déboires financiers (Voir la Vie éco du 20 juin 2003), de voler au secours de sa filiale.
Rappelons au passage qu’après la restructuration de la Comanav où il était partie prenante, le groupe de Othman Benjelloun est ainsi appelé, pour la deuxième fois en moins d’un mois, au chevet d’une société au creux de la vague. Après la CDG, le microcosme des affaires serait-il en train de connaître la naissance d’un nouveau pompier de service?