Biscuiterie et confiserie : les industriels réclament des mesures plus strictes contre les importateurs

Le contrôle sanitaire des importateurs et la certification des entreprises étrangères sont les deux principales mesures demandées. Les industriels veulent la suppression des droits à  l’importation sur certains intrants pour améliorer leur compétitivité.

Pour les industriels de la biscuiterie, chocolaterie et confiserie, excédés par l’importance des importations, le prix plancher a fait son temps. Aujourd’hui, l’Association de la biscuiterie, confiserie et chocolaterie (AB2C) estime qu’«il faut passer à autre chose pour la maîtrise des importations». Lors de ses récentes réunions avec les pouvoirs publics et l’Administration des douanes, elle a réclamé «l’activation de l’arsenal juridique relatif à la sécurité sanitaire des aliments applicable aux entreprises locales».

Il s’agit du contrôle des entreprises importatrices, l’exigence d’une certification des entreprises productrices et l’étiquetage pour informer les consommateurs marocains. Les industriels déplorent que seules les entreprises locales soient soumises au contrôle sanitaire. Cette même mesure doit être appliquée aux importateurs, quelle que soit leur taille. Ce contrôle doit essentiellement porter sur les conditions de stockage et de transport.

Et pour ce qui est de la qualité des produits importés, l’AB2C suggère qu’il faut exiger la certification des entreprises étrangères productrices exportant vers le marché marocain. Ces industriels, comme ceux de l’ensemble du secteur agroalimentaire, restent conscients que des actions sont certes menées pour lutter contre la contrebande, la sous-facturation et la fraude à la règle d’origine, mais qu’il faudra du temps pour endiguer le phénomène.

Pour mieux suivre leur filière, ils ont également émis le souhait de pouvoir disposer régulièrement des statistiques officielles relatives aux importations afin de «réagir face à l’évolution des importations et d’effectuer une veille soutenue sur les pays d’origine des produits importés», explique une source proche de l’association. C’est d’ailleurs suite à l’analyse des récentes statistiques des importations du secteur au titre de l’année 2013 que l’AB2C a formulé ses revendications. L’ampleur des importations a, selon notre source, fortement surpris la profession qui avait signalé, il y a quelques mois, un tassement.

BIM accusé de doper les importations en provenance de Turquie

D’après les statistiques de l’Office des changes, les importations globales de biscuits, confiserie et chocolaterie ont augmenté de 110 MDH en 2013 par rapport à 2012, à 547 MDH. En volume, la hausse est de 2 427 tonnes, à 15 600 t. Les importations de chewingum et de confiserie arrivent en tête avec une progression de 36% en volume (de 1 727 tonnes à 2359) et de 63% en valeur (de 54,4 MDH à 88,8 MDH). Ces importations proviennent essentiellement d’Egypte (19 millions de DH), de Colombie (12,7 millions de DH), de Turquie (7,2 millions) et de France (4,5 millions).

Les importations de chocolats et autres confiseries fourrées de chocolat ont atteint 94,3 MDH, en hausse de 23,5 millions par rapport à 2012 ou 32,2%. Corrélativement, le poids a progressé de 38%, à 722 tonnes. La plus grande partie des produits provient de Turquie, de la Suisse, de l’Italie et des Emirats Arabes Unis.

Pour les biscuits, 6 439 tonnes ont été importées en 2013 au lieu de 4 857 tonnes une année plus tôt, soit une progression de 32,5%. La facture est par la même occasion montée de 135,7 MDH à 183,2 MDH, soit une évolution de 35%. La Turquie occupe la première place avec 2 000 tonnes. Pour les opérateurs, la plus grande partie de ce volume est réalisée par la chaîne turque de hard discount BIM. Cette enseigne commercialise certes des marques nationales, mais l’essentiel de son offre provient de biscuiteries turques. Suivent l’Espagne, la France, l’Egypte et les Emirats Arabes Unis.

En plus des mesures non tarifaires déjà exposées, l’AB2C, qui travaille actuellement sur un document qu’elle compte présenter dans les prochains jours à la Confédération générale des entreprises du Maroc, réclame des aides fiscales, notamment l’exonération de droits d’importation sur plusieurs intrants et une baisse de la taxe sur la valeur ajoutée pour améliorer la compétitivité.