Biodiversité : un nouveau protocole mondial pour réguler l’accès aux ressources génétiques

Le texte préconise un partage équitable des ressources génétiques entre pays du Nord et du Sud.
L’utilisation de certaines ressources sera soumise à  l’autorisation du pays d’origine.

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, 2010 a été déclarée Année internationale de la biodiversité par le système des Nations Unies. Et cette année se tenait justement du 18 au 29 octobre la Xe Conférence des parties (COP 10) à la Convention sur la diversité biologique (CDB) à laquelle a participé le Maroc. Signée par 168 pays, dont le Maroc, en marge du sommet de la Terre organisé à Rio de Janeiro en 1992, cette convention a inscrit pour la première fois dans le droit international la conservation de la diversité biologique comme une préoccupation pour l’ensemble de l’humanité. Le texte s’est donné pour objectif principal la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques.
Réunis cette année à Nagoya, au Japon, les 193 pays se sont principalement penchés sur la manière d’atteindre la troisième mission de la CDB. «Toutes les délégations sont venues pour mettre en place une stratégie mondiale 2011-2020 et mettre en œuvre le troisième objectif de la convention en adoptant le protocole relatif à l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages qui en découlent», explique Mostafa Madbouhi, coordonnateur de la stratégie et plan d’action national sur la biodiversité au secrétariat d’Etat chargé de l’eau et de l’environnement.

Le Maroc se dit satisfait du protocole adopté

A l’issue du sommet de Nagoya, un protocole additionnel à la convention a en effet été adopté. Il fixe les règles de base sur la manière dont les nations peuvent collaborer pour exploiter des ressources génétiques de la recherche scientifique sur les animaux, les plantes et les champignons. Il précise également comment les avantages découlant de la transformation d’une avancée scientifique en produit commercial ou pharmaceutique -par exemple, l’utilisation de la génétique d’une plante pour un produit cosmétique ou un médicament- sont partagées entre les pays et les communautés qui ont conservé et géré cette ressource. La délégation marocaine présente à Nagoya s’est alignée sur les revendications du groupe africain qui exige justement une protection plus renforcée des ressources naturelles renouvelables contre certains abus. Par exemple, les multinationales n’hésitent pas à breveter des molécules de fleurs pour les cosmétiques ou des principes actifs pour les médicaments, rendant ainsi leur usage légalement impossible pour les autochtones. «Le protocole adopté correspond bien à notre position. C’est un protocole qui va rendre justice aux pays fournisseurs de ressources génétiques comme le Maroc», précise M. Madbouhi. Fort d’un potentiel en ressources biologiques formidables, que l’on parle de l’arganier, de la figue de Barbarie ou encore des plantes aromatiques et médicinales, le Maroc a beaucoup à gagner.