Bilan du gouvernement El Fassi en terme de croissance

La croissance moyenne a été de 4.7% par an entre 2008 et 2010, grà¢ce à  la fois au secteur primaire et aux activités non agricoles. C’est inférieur aux 6% visés en 2007 par le gouvernement El Fassi, mais ça reste honorable.

Bien que fluctuant au gré des caprices du climat, et, en moyenne, en dessous du niveau requis (environ 7% à 8% par an sur une longue période) pour absorber les déficits cumulés, la croissance économique au Maroc, au cours de ces quatre dernières années, a enregistré un niveau de hausse appréciable : 4,7% en moyenne par an entre 2008 et 2010, selon les indications du ministère des finances (voir graphe). En 2011, et malgré la crise qui frappe ses principaux partenaires, le Maroc devrait réaliser une progression de son PIB comprise entre 4% et 5%, selon Bank Al-Maghrib. Et cette progression serait tirée à la fois par le secteur primaire, en particulier l’agriculture, et les activités non agricoles.
C’est évidemment peu au regard de l’objectif fixé au début du mandat du gouvernement sortant et qui était, pour rappel, de 6% en moyenne annuelle. Et c’est même moins que le taux moyen réalisé entre 2002 et 2005. Sauf que, depuis 2008, la crise internationale, d’abord financière puis économique, a eu des retombées négatives sur l’économie marocaine, via le tourisme, les transferts des MRE et la demande adressée aux secteurs non agricoles. La preuve est que si, en 2009, la croissance a pu être maintenue à un niveau proche de 5%, c’est principalement en raison de la bonne campagne agricole. Et l’effet de la crise continue de se diffuser dans le tissu économique, puisque la croissance non agricole a franchi à la baisse, depuis 2007 d’ailleurs, le palier de 5%, considéré auparavant comme un acquis précieux à préserver pour se prémunir contre les aléas de la nature et donc s’affranchir en quelque sorte des contingences du secteur agricole ; du moins dans sa configuration d’avant la réforme, marquée par une dispersion, donc une étroitesse des exploitations et une faible valeur ajoutée.

L’investissement a progressé de 6.7% par an entre 2007 et 2010

Mais si la crise a amputé la demande globale de sa partie extérieure, les mesures prises par les pouvoirs publics, notamment le renforcement de l’investissement et de la consommation (des ménages surtout), ont pu corriger quelque peu cette contrainte exogène. Du coup, l’essentiel de la croissance et même, certaines années, toute la croissance a été portée par la demande intérieure. C’est ainsi que la croissance annuelle moyenne de la consommation des ménages (qui constitue le gros de la consommation finale) a été de 4,1% entre 2007 et 2010, et celle des administrations publiques de 5%. Ce niveau élevé de la croissance de la consommation des administrations, ce n’est pas un mystère, provient de la hausse des dépenses (salaires, compensation et dépenses de matériel et autres). Mais en termes de contribution à la croissance économique, celle de la consommation des ménages, en raison de son poids (près de 60% du PIB depuis les années 80), est plus importante, y compris par rapport à l’investissement. Et en effet, même si l’investissement a réalisé une croissance moyenne de 6,7% entre 2007 et 2010, sa contribution à la croissance est légèrement inférieure (2 points par an) à celle de la consommation des ménages (2,4 points en moyenne annuelle).
C’est donc une excellente soupape de sécurité contre les chocs externes. Cela dit, de plus en plus, cette demande interne, et singulièrement la consommation des ménages, fait exploser les importations, induisant des déficits extérieurs considérables. L’économie étant une boucle, il faut que tous les éléments tiennent en place.