Bientôt des produits d’assurance islamiques

La direction des assurances estime qu’une loi spécifique n’est pas nécessaire
Le label «Takafoul» conditionné à  la conformité des produits à  la Chariaà¢
La compagnie Zurich a déjà  une offre prête.

Après les produits bancaires islamiques, lancés il y a un an, les assureurs semblent vouloir eux aussi se mettre à la mode des produits dits alternatifs. La compagnie Zurich pourrait éventuellement être le premier assureur à se lancer sur ce marché au Maroc. La maison mère a signé, au début du mois de novembre, une convention avec Abu Dhabi National Takaful. «Les produits sont prêts et pourraient être distribués moyennant quelques réglages», affirme-t-on au sein de la compagnie d’assurance.
Pour le ministère des finances, et particulièrement la direction des assurances et de la prévoyance sociale (DAPS), il n’y a aujourd’hui aucune entrave juridique ou réglementaire à la vente de ces produits d’assurance connus également sous le nom de «Takafoul». La DAPS estime d’emblée que ces produits seront tout simplement régis par le Code des assurances en vigueur. Pour décerner le label Takafoul, un contrôle de la conformité du produit à la Chariaâ sera cependant effectué. Ce contrôle portera surtout sur la politique de placement.

Des difficultés pour les produits vie, fondés sur la capitalisation
Pour des observateurs du secteur, plusieurs facteurs militent pour la pénétration de ce type de produits. On retiendra à ce propos l’émergence d’une classe moyenne adoptant des modes de consommation conformes à la religion. Le concept se décline en trois types de contrats : le Takafoul familial, produit d’épargne de longue durée, le Takafoul médical, produit vie, groupe ou individuel, et, enfin, le Takafoul général, portant sur l’assurance dommage, l’accident, le maritime et la responsabilité civile.
Leur introduction sur le marché marocain risque de ne pas être une tâche aisée, particulièrement pour les produits de la branche vie, fondée sur le principe de la capitalisation. Le Code des assurances oblige en effet les compagnies à effectuer 70% de leurs placements dans des produits à taux, notamment les bons du Trésor. Ce qui en fait, du coup, des produits non conformes à la Chariaâ. Une adaptation est cependant possible à travers l’application d’un procédé de répartition. Mais, là encore, il y a un risque relatif à la pérennité et à la viabilité du système.
Dans les pays du Moyen-Orient, où le concept a fait son entrée au début des années 2000, la conformité des placements à la Chariaâ est constatée, avant la distribution du produit alternatif, par un conseil religieux. L’engagement de l’assureur à verser le surplus aux assurés est également exigé.
Au Maroc, les compagnies se montrent encore peu ouvertes au concept, même si, en mars 2007, les responsables de la compagnie Takaful Re, filiale du groupe Arig qui en est l’actionnaire principal avec 54% du capital, étaient venus prospecter le marché. Certaines compagnies d’assurance se disent intéressées mais préfèrent temporiser en raison de la spécificité de ces produits.