BCM convoite une banque tunisienne

Elle est présélectionnée pour l’acquisition de 33,5% du capital de la Banque du Sud.

On croyait la BCM repue après avoir réussi le coup de la décennie dans le secteur bancaire marocain en se payant le mastodonte Wafabank. Il n’en est rien. En effet, selon le dernier numéro du mensuel économique européen Ecofinance qui a dévoilé l’information (relayée par la presse tunisienne spécialisée), la BCM a été présélectionnée en même temps que Banco Santander (deuxième actionnaire de BCM, après l’ONA, avec 20,3% de son capital), lors de l’appel d’offres international lancé par l’Etat tunisien en vue de céder sa participation de 33,5 % dans la Banque du Sud (BS).
Rappelons que dans le cadre de l’accélération de son programme de privatisation en 2004, la Tunisie a fixé la date limite de fin janvier 2004 pour recevoir les manifestations d’intérêt des acquéreurs potentiels de sa quote-part dans la sixième banque du pays en termes d’encours, avec près de 8 % de part de marché.
Dans ce premier round, la BCM se mesure donc à d’autres banques étrangères. On y trouve BNP-Paribas, qui contrôle 51 % de l’Union bancaire pour le commerce et l’industrie (neuvième banque tunisienne au vu des encours); Monte dei paschi di Sienna, quatrième banque italienne qui détient déjà 13,4 % du capital de BS et par ailleurs seule banque italienne représentée à Casablanca.

Que faire des 3 % de BIAT hérités à travers Wafabank
Quel intérêt porte donc la BCM au secteur bancaire tunisien ? Certes elle n’en est pas à sa première incursion en Tunisie puisqu’elle détient déjà 10 % (contre 6,7 % pour Banco Santander) de la Banque d’affaires tunisienne, petit établissement financier local au capital de 3 millions de dinars (22 MDH) ; mais cette fois, l’investissement est beaucoup plus sérieux.
Tout d’abord, malgré la chute de 43% du résultat net de la Banque du Sud, à fin juin 2003, à près de 40 MDH qui pèseront sans doute à la baisse sur la valeur dégagée par la méthode des rendements, le prix du bloc mis en vente devrait avoir un plancher de près de 400 MDH correspondant à ses seuls fonds propres. Ensuite il est à relever qu’avec 33,5 % du capital, l’acquéreur devrait s’impliquer dans la gestion et le redressement de la rentabilité et de la productivité d’une banque qui fait, en la matière, pâle figure devant les autres banques privées.
Il faut rappeler que la BCM a aussi hérité d’une participation de 66 MDH correspondant aux 3 % détenus par Wafabank dans la cinquième banque tunisienne, la Banque internationale arabo-tunisienne (BIAT). Se défera-t-elle de cet investissement au cas où elle serait retenue définitivement dans l’appel d’offres en cours ? Ce point n’est pas encore étudié par les responsables de la BCM. Il est indiqué que «les choses restent en l’état, pour l’instant»