Bataille à  Casa pour le contrôle des kiosques à  journaux

Sochepress et Sapress ont investi dans un nouveau modèle de kiosque.
La mairie de Casablanca somme Sapress d’enlever les kiosques déjà 
installés.

Sochepress et Sapress, les deux distributeurs de journaux de la place, ont engagé la bataille. Enjeu ? le contrôle du réseau des 33 kiosques à  journaux autorisés par la ville de Casablanca à  occuper le domaine public. Comme ces boutiques en préfabriqué qui appartiennent à  la ville sont vieilles et défigurent le paysage urbain, les distributeurs ont pris l’initiative d’investir dans la conception d’un modèle qu’ils ont proposé aux élus. Sochepress a investi 180 000 DH dans un «kiosque témoin» et Sapress 160 000.
Une bonne partie des gérants rejettent les propositions de Sapress
Jusque-là , tout est normal. Mais voilà  que Sapress prend tout le monde de vitesse et remplace certains kiosques. Meriem Kabbaj, directrice du livre à  Sochepress, s’étonne de ce coup de force, soulignant qu’il revient aux élus de choisir et que le marché doit être défini par un cahier des charges précis. Mme Kabbaj précise que Sochepress a choisi d’être légaliste et que le kiosque qu’il a conçu avec des spécialistes européens attend le verdict des élus.
Pour Mohamed Berrada, président de Sapress, que le maire met en demeure d’enlever les kiosques déjà  en place, «il s’agit non pas de l’installation de nouveaux kiosques mais de remplacement de vieilles échoppes vétustes dont les gérants possèdent une autorisation». Il ajoute qu’il a fait parvenir un dossier à  la mairie sur le sujet en avril 2004, mais qu’aucune réponse ne lui a été signifiée.
Il n’y a pas que les élus qui ont fermement réagi à  son initiative. Les gérants des kiosques, à  l’instar de Kawam M’barek et Hamid Hadri, affirment que le contrat que leur proposait ce distributeur – remplacé depuis par une autre mouture plus conciliante pour les gérants disposant déjà  d’une autorisation – était tout simplement inacceptable. A les en croire, Sapress exigeait d’eux une caution de 20 000 DH, une redevance mensuelle de 500 DH, alors que le loyer dont ils s’acquittent auprès de la ville n’atteint même pas 100 DH, outre qu’ils sont exonérés d’impôts. L’autre pomme de discorde concerne les recettes publicitaires des panneaux des nouveaux kiosques que Sapress voulait conserver en totalité.
A l’évidence, les enjeux de cette bataille sont très importants pour les distributeurs. Il s’agit, bien sûr, de moderniser et d’élargir le réseau – Mohamed Berrada parle de 90 kiosques au total alors qu’à  Sochepress, il n’y a guère de place pour plus d’une vingtaine de nouveaux kiosques. Mais il est question surtout d’en prendre le contrôle. Si l’un des deux distributeurs y parvient, son concurrent pourrait souffrir.

Un des kiosques installés par Sapress, au centre-ville.