Banques participatives : 5% du marché dans l’escarcelle d’ici à 2024

Au Maroc, cinq banques et trois fenêtres participatives sont actives dans le marché. Les banques participatives marocaines ont atteint 1% de part de marché. Une centaine d’agences en activité pour 60 000 comptes ouverts.

Des experts de la Charia, chercheurs, professeurs universitaires, ainsi que des chefs d’entreprises se sont réunis pour discuter du thème : “Quel est le rôle de la finance participative dans le développement économique ?”. Pour quelle occasion : Bank Al Yousr, filiale de la BCP, a organisé la deuxième édition de son colloque scientifique, lundi 17 juin à Casablanca. La présence des banques participatives au sein du paysage bancaire marocain date de 18 mois. Cinq banques participatives et trois fenêtres sont actives dans le marché. Elles contrôlent à présent à peine 1% de parts de marché dans le secteur. Elle sera portée, selon les projections communiquées, à 5%, à l’horizon 2024. Le réseau compte, selon les chiffres présentés, 100 agences ayant permis l’ouverture de 60 000 comptes. Elles ont collecté 1,99 milliard de DH, comme dépôts des clients. Ce qui équivaut à 1% de ce que collectent les banques traditionnelles. Elles ont également accordé un total de 6,1 milliards de financements. Un total d’actifs de 8,88 milliards de DH.

Le conception d’un système d’information adapté a été un défi majeur

Selon Mouna Lebnioury, DG de Bank Al Yousr, les principaux défis que ses équipes ont rencontrés pour mener à bien le lancement des activités de la banque sont la mise en place d’un système informatique adapté aux besoins spécifiques de la finance participative marocaine; la stratégie de communication à adopter pour faire connaître la banque auprès des consommateurs; les critères de sélection des ressources humaines ; les offres commerciales. Le cinquième et non moins pesant est l’existence d’un seul produit commercialisable. En ce qui concerne la formation des ressources humaines, Mme Lebnioury se dit «à moitié satisfaite, dans la mesure où les RH sont bien formées sur le volet théorique», et a appelé les responsables des formations à fournir plus d’effort sur le volet de la dynamique commerciale.

Pour sa part, Fatima Zahra Moussaddaq, du groupe Al Maali, un cabinet de conseil qui accompagne les banques participatives, le principal défi est la mise en place d’un système informatique qui soit adapté aux besoins spécifiques du paysage bancaire marocain. Car, ajoute-t-elle, «celui de la Malaisie, même s’il constitue une référence, n’intègre pas des éléments qui sont propres au contexte marocain», du point de vue fiscal et en matière de compensation des opérations.
Fatima Zahra Moussaddaq a conclu par appeler les banques participatives marocaines à «l’innovation en matière de produits à offrir, seul moyen pour développer cette industrie» financière naissante, dont les textes qui la régissent sont soumis à la validation du Conseil des Oulémas.