Bank Al Maghrib se désengage des banques

Elle ne siège plus dans les organes de décision de CMM, CIH, BNDE
et BMCE-Madrid n La BCP et le Crédit agricole sont les suivants.

Anticipant sur ses futurs statuts, actuellement en discussion au Parlement, Bank Al Maghrib a déjà commencé à se désengager des établissements de crédit dans lesquels elle détient des participations. Ainsi, la banque centrale, pour éviter l’amalgame entre son rôle de juge et d’actionnaire-partie, ne siège plus dans les organes de décision, les conseils d’administration ou les conseils de surveillance de plusieurs établissements de crédit. Il s’agit en l’occurrence de la Caisse marocaine des marchés (CMM), du CIH, de la BNDE et de BMCE-Madrid.
La loi sur la SA (société anonyme) lui permet, par ailleurs, de ne pas être représentée au niveau des assemblées générales. L’institut d’émission a également exprimé sa volonté de céder ses participations aux actionnaires des établissements concernés. En effet, les nouveaux statuts lui accordent un délai maximum de trois ans pour vendre ses participations. Les responsables de la banque déclarent qu’ils céderont les participations «en défendant l’intérêt financier de la banque et en tenant compte de la restructuration du système bancaire et financier».

Le cas de la CDG est toujours en suspens

Il est également indiqué que, dans la majorité des cas, la banque ne dispose que de parts minoritaires, mis à part le CIH, où sa participation atteint 13 %. Dans ce cas, la cession des actions se fera dans le cadre du plan de sauvetage de cette banque.
Rappelons que, pour la BNDE, la banque centrale n’a pas participé à la dernière recapitalisation conçue sous la forme d’une opération accordéon consistant en une réduction du capital puis à son augmentation. En revanche, elle ne s’est pas encore désengagée de Bank Al Amal et de Dar Damane, dont le montage financier est jugé particulier. Cependant, il est sûr qu’elle va s’y résoudre, selon le plan de restructuration de ces deux organismes, actuellement à l’étude.
Bank Al Maghrib est encore représentée au sein des organes de décision des établissements financiers lorsque cette présence est préconisée par un texte juridique. Tel est le cas de la BCP, du Crédit agricole, de la CDG et du FEC (Fonds d’équipement communal).
Pour la BCP et le Crédit agricole, le désengagement se fera en même temps que l’application des nouveaux statuts de ces établissements.
Actuellement, l’institut d’émission siège au niveau du comité transitoire de la BCP, en attendant la mise en place du comité directeur. Pour la banque verte, il devrait se désengager des organes de décision au plus tard en septembre, quand la transformation en SA sera effective.
Le FEC, quant à lui, demeure pour le moment un établissement public dont les fonds sont détenus par le Trésor. Bank Al Maghrib est représentée dans ses organes décisionnels. Son désengagement devrait intervenir par un changement de statuts du FEC ou par la promulgation de ses nouveaux statuts. Il en va de même pour la CDG, qui est appelée par la profession à clarifier sa position puisque cette dernière joue, dans les faits, le rôle d’établissement financier sans être soumis au contrôle de BAM.
Ces retraits devraient être effectués en parallèle à celui que la banque centrale devrait entamer au niveau de ses participations à l’étranger. Ces dernières atteignent actuellement 290 MDH