Bank Al-Maghrib ramène son taux directeur à  3,25%

La baisse de 25 points de base est motivée par une orientation à  la réduction des risques inflationnistes.
La prévision moyenne d’inflation de la banque centrale est de l’ordre de 2,6% jusqu’au deuxième trimestre 2010.

Comme attendu, Bank Al-Maghrib a baissé son taux directeur de 25 points de base, le ramenant de 3,50% à 3,25%, soit son niveau d’avant septembre 2008. Une décision salutaire pour l’économie marocaine et le secteur bancaire qui a été prise lors du conseil de la banque centrale tenu le 24 mars. Elle intervient dans un contexte économique caractérisé, selon le gouverneur de la banque centrale, «par une orientation à la baisse des risques et une prévision centrale de l’inflation durablement en ligne avec l’objectif de stabilité des prix». Cette révision devrait éviter tout durcissement des conditions de financement de l’économie, sachant que lors du conseil de septembre 2008, à l’issue duquel le taux directeur avait été relevé, les banques ont été sollicitées pour ne pas répercuter la hausse, essentiellement sur les petites entreprises, les PME exportatrices et le logement économique.

La volatilité des prix des matières premières, une source d’inquiétude
Selon la banque centrale, cette révision résulte de «l’ampleur et du caractère prolongé de la contraction de l’activité économique mondiale et de ses répercussions sur la croissance domestique, ainsi que du ralentissement significatif des prix mondiaux des matières premières et de l’inflation au niveau des principaux partenaires du Maroc» . Ainsi, l’inflation devrait évoluer à un rythme durablement inférieur à 3 %, avec une prévision moyenne de l’ordre de 2,6% et ce, jusqu’au deuxième trimestre 2010, en dépit de l’impact de la flambée du prix des légumes (voir page 56). Pour sa part, l’inflation sous-jacente (produits subventionnés ou réglementés non pris en compte) se situerait autour de 2 % sur le même horizon de prévision.
La banque centrale précise que les risques d’origine interne et externe entourant cette prévision d’inflation sont orientés à la baisse, notamment du fait des perspectives internationales qui devraient encore se dégrader au cours des prochains trimestres. Dans cet environnement, les pressions émanant de la demande devraient refluer. La transmission en cours de la baisse des cours mondiaux aux prix domestiques devrait quant à elle se poursuivre, comme il ressort de l’évolution et des perspectives des prix à l’importation, des prix à la production industrielle et des prix des biens échangeables. Cela dit, le gouverneur de Bank Al-Maghrib tempère en affirmant qu’au delà de 2009, la volatilité des prix des matières premières constitue une source d’inquiétude. Ce qui appelle, selon lui, à la vigilance.