Bank Al-Maghrib : pas d’inflexion de la politique monétaire

Sur la base de l’évolution de l’inflation et de la croissance économique à moyen terme, le taux directeur est maintenu à 2,25%. L’institution prévoit un taux de croissance de 3,5% en 2018 et 3,1% en 2019. L’interopérabilité du mobile banking sera effective en octobre prochain.

Mobile banking, régime de change flexible, émission de sukuks, comité de crédit bancaire… Pas de grandes annonces, mais le gouverneur de Bank Al-Maghib a fait le point sur tous les dossiers en cours lors de la conférence de presse tenue suite à la troisième réunion annuelle du conseil de la banque qui a eu lieu le 25 septembre. Abdellatif Jouahri a précisé que l’interopérabilité du mobile banking entrera en vigueur à partir d’octobre. «Toutes les banques ne sont pas forcément prêtes à se lancer. Mais, les tests opérés ont montré qu’il faut bien sauter le pas tout en capitalisant sur les leçons de la dernière expérience», a-t-il déclaré. Aussi, les établissements de financement doivent s’équiper en se dotant de plusieurs points de vente, de ressources humaines, notamment des commerciaux…. Le gouverneur a annoncé que la première émission de Sukuks Ijara d’un montant d’un milliard de DH, exclusivement dédiée au marché interne, aura lieu le 5 octobre. Les banques qui joueront le rôle d’Intermédiaires en valeurs de trésor (IVT) ont déjà été désignées. Il a en outre indiqué que l’écosystème de la finance participative est toujours en cours de mise en place (dépôts d’investissement, marché monétaire, assurance takaful…).

A propos du régime de change flexible entré en vigueur le 15 janvier de cette année, M. Jouahri a souligné que la monnaie nationale évolue d’une manière stable sans pour autant atteindre la bande de fluctuation, que ce soit à la hausse ou à la baisse (2,5%). «Son évolution en 9 mois est à peine de 0,95% et le marché des devises reste très liquide. D’ailleurs, aucun achat de devises n’a été opéré par les banques auprès de BAM depuis le 20 mars. Certaines nous ont même demandé de racheter des devises. De plus, la position longue des banques s’améliore et est estimée à 12 milliards de DH», a-t-il précisé.

Le taux d’inflation devrait s’établir à 2,1% en 2018

Par ailleurs, la banque centrale œuvre toujours à mettre à la disposition des banques les liquidités nécessaires pour relancer l’économie nationale à travers les crédits accordés, notamment aux entreprises. Toutefois, la réunion du comité de crédit qui était prévue avec la CGEM n’a finalement pas été tenue en raison de la période d’élection du président de la confédération.
Au cours de cette conférence, le gouverneur a souligné que le taux directeur a été maintenu inchangé à 2,25%, un taux en vigueur depuis mars 2016. Cette décision a été prise alors que l’inflation a marqué une nette accélération sur le premier semestre, atteignant 2,3% en moyenne, avant de revenir à 2% au cours des deux derniers mois. Elle a été tirée notamment par le renchérissement des produits alimentaires à prix volatils et des produits réglementés. Cela dit, elle devrait finir l’année sur une moyenne de 2,1%, pour tomber à 1,2% en 2019, en raison essentiellement de la dissipation de ces chocs et de la légère baisse des prix des carburants et lubrifiants.

Dans ce contexte, la croissance économique devrait ralentir de 4,1% en 2017 à 3,5% en 2018 et à 3,1% en 2019. Cette évolution s’explique par l’accroissement de la valeur ajoutée agricole de 5,1% en 2018, après une hausse de 15,4% un an auparavant, et ce, tenant compte d’une récolte céréalière de 103 millions de quintaux. Sous l’hypothèse d’une production céréalière de 70 Mq, cette valeur ajoutée reculerait de 1,6% en 2019. Pour leur part, les activités non agricoles poursuivraient leur redressement avec une croissance de leur valeur ajoutée de 3,3% en 2018 et 3,7% en 2019.
Au niveau des finances publiques, le déficit budgétaire s’est creusé de près de 2 milliards de DH pour atteindre 27,8 milliards de DH. Cela sous l’effet de l’alourdissement des dépenses globales de 2,2%. En face, la progression des recettes ordinaires s’est limitée à 0,4%. Dans ces conditions, la prévision de la banque centrale pour le déficit budgétaire a été revue à la hausse à 3,7% du PIB en 2018. Il reviendrait à 3,3% du PIB en 2019 et ce consécutivement à la poursuite des efforts de maîtrise des dépenses et de mobilisation des ressources