Baisse de l’euro : effets contrastés sur le Maroc

La compétitivité prix des exportations marocaines facturées en euro pourrait être négativement impactée par la baisse de la monnaie unique. Les exportations en dollar devraient par contre gagner au change, tandis que les importations, notamment énergétiques, seraient, elles, affectées par la montée du billet vert.

Malgré le ralentissement de l’activité manufacturière aux Etats-Unis au mois de janvier de cette année et une croissance moindre que celle prévue au cours de décembre 2014, la monnaie unique européenne, l’euro, continue de baisser face au dollar. Mardi 3 février, 1 euro s’échangeait à 1,15 dollar en début de soirée, soit un niveau inférieur à celui de sa première cotation le 4 janvier 1999 (à 1,1736 dollar à l’époque). Cette baisse, grosso modo, redonne du pouvoir d’achat aux ménages de la zone euro et de la compétitivité aux entreprises exportatrices.
Pour le Maroc, qui réalise près de deux tiers (65,8%) de ses échanges commerciaux avec l’Europe, les retombées de cette dépréciation de l’euro seraient contrastées. Pour les importateurs, qui facturent en euro, le gain est évident, sans que l’on puisse dire pour autant dans quelles proportions. Car, les exportateurs en général, les Occidentaux en particulier, se couvrent contre les variations de change. On peut imaginer aussi que la dette du Maroc, en grande partie libellée en euro, s’allègerait quelque peu du fait de cette dépréciation de l’euro.

Les exportateurs qui facturent en dollar sont gagnants

Mais comme, dans le même temps, le dollar s’est considérablement apprécié depuis déjà plusieurs mois, la catégorie d’importateurs qui achète dans cette monnaie devrait, par contre, se trouver pénalisée. Rien que sur le premier mois de cette année, le dirham s’est déprécié en valeur nominale de plus de 3% par rapport au billet vert. Il se trouve que le Maroc importe toute l’énergie qu’il consomme et cette matière est facturée en dollar ; sans parler du fait que l’Asie, qui utilise généralement le dollar dans ses relations commerciales, est le deuxième partenaire du Maroc.

Du côté des exportateurs, là aussi, la situation est contrastée : la compétitivité prix de produits facturés en euro risque d’être rognée un peu plus en raison de l’appréciation concomitante du dirham, fortement indexé à l’euro (la monnaie unique européenne représente 80% du panier de devises servant à la cotation du dirham). Par contre, des exportateurs, comme l’OCP par exemple (qui facture en dollar), trouveraient sans doute leur compte dans la montée de la devise américaine. Autant dire que l’évolution des parités des principales devises en usage dans le commerce international produit des effets différenciés sur le Maroc.