Axa Assurances Maroc liquide sa filiale Somafic

La société continuera d’exister en tant que SA pour apurer les dossiers en cours.

L’épisode Somafic aura été finalement des plus coûteux pour l’assureur Axa. En effet, après en avoir pris le contrôle et retiré la société, en 2000, de la Bourse de Casablanca, l’assureur a vu ses espoirs de redressement s’évaporer en raison d’un sous-provisionnement du portefeuille de créances en souffrance insurmontable en dépit de trois augmentations de capital. Ainsi, l’assemblée générale extraordinaire de cet établissement, tenue en juin dernier, a, purement et simplement, décidé la liquidation par anticipation et la demande de retrait d’agrément au ministère des Finances. Précisons toutefois que la liquidation ne s’applique qu’à  l’activité bancaire.
En d’autres termes, Somafic continuera, juridiquement, d’exister – en tant que SA et non pas établissement de crédit – jusqu’à  apurement des encours de crédits existants et des dossiers contentieux pour lesquels «nous sommes décidés à  aller jusqu’au bout», affirme Jacques Lagarigue, président de Somafic.

La tentative de sauvetage a coûté 366 MDH en trois ans

La décision de liquidation était inévitable, Axa Assurances Maroc n’ayant cessé de voler au secours de sa filiale moribonde. Ainsi, pour éponger les déficits cumulés qui ont atteint, pour les seuls trois derniers exercices, 366 MDH (dont 198 MDH au titre de 2004), l’assureur a dû procéder à  pas moins de trois augmentations de capital sous forme d’opération accordéon (réduction de capital suivie d’une injection d’argent frais) : 141 MDH en 2003, 72,7 MDH en décembre 2004 et 150 MDH en mai dernier. C’est le tonneau des Danaà¯des, car tous les apports étaient aussitôt engloutis par les pertes antérieures. Même le plan de sauvetage mis en place, dès fin 2003, et instaurant l’arrêt de production et la focalisation sur le recouvrement des créances en souffrance (500 MDH) n’a pu sauver du pire.
L’option d’un rapprochement avec l’autre filiale du groupe, Acred, a, quant à  elle, été écartée pour ne pas lester le développement de cette entité toujours cotée sur la Bourse casablancaise.
Au demeurant, la déroute de Somafic paraà®t aujourd’hui comme la conséquence extrême d’une période o๠l’encadrement des sociétés de financement était peu efficient. A titre d’illustration, cet établissement, censé faire du crédit à  la consommation, cumulait parfois des créances faramineuses sur une seule contrepartie (150 MDH en créance tombée en contentieux sur un seul entrepreneur !).
A qui le tour ? Après les retraits d’agrément des petites pointures, dont Salaf Al Hanaa et Credicom, le secteur des sociétés de crédit poursuit son assainissement en touchant cette fois un calibre nettement plus gros.