Aviculture : les professionnels dénoncent les lenteurs de l’administration

Les services du ministère de l’agriculture ont visité 676 exploitations à peine sur 6 000 au total.
Les professionnels demandent que les visites des fermes d’exploitation
soient menées avant fin 2007.

Les professionnels du secteur avicole sont inquiets : la mise en œuvre de la charte sanitaire à travers l’application des arrêtés de la loi 49-99 est extrêmement lente et le contrat-programme, pourtant validé par le Premier ministre et le ministère de l’agriculture, se trouve aujourd’hui bloqué par les Finances.

Pour commencer, aujourd’hui, sur les 6 000 élevages en activité, seuls 676, soit environ 15%, ont été touchés par les inspections des services spécialisés du ministère de l’agriculture devant préparer l’établissement des cahiers des charges.

Le contrat-programme, validé par le Premier ministre, est bloqué par les Finances
Or, pour Youssef Alaoui, président de la Fisa, il est vital que cette opération soit menée à bien d’ici fin 2007. En effet, explique-t-il, «le risque de continuer à fonctionner à deux vitesses sera certainement préjudiciable, y compris pour le consommateur». Mais pour les éleveurs aussi. Car les fermes qui se mettront à niveau les premières seront pénalisées financièrement tant que toutes les exploitations ne le seront pas. Et si cela dure trop longtemps, les professionnels n’écartent pas des risques de fermetures. D’un autre côté, les exploitants ponctuels, eux, vont sûrement être écartés du circuit. Ces deux facteurs peuvent, dans les mois à venir, engendrer une rareté de la viande et donc une flambée des prix. Pour le président de la Fisa, il n’est pas impossible que le prix de la viande blanche atteigne 17 DH/kg départ ferme.

Mais le problème se pose aussi au niveau du transport comme de l’abattage qui, pour les professionnels, doivent aussi être assujettis aux nouvelles directives. Ainsi, la gendarmerie et la police sont censées veiller, sur les routes, par exemple, au respect de la loi qui oblige les transporteurs à utiliser des caisses en plastique au lieu des cageots en bois. Idem pour les nouvelles règles d’hygiène imposées aux lieux d’abattage. Pour les professionnels, il ne sert à rien d’opérer une mise à niveau en amont si, en aval, le terrain n’est pas balisé.

200 000 DH à investir en moyenne pour la mise à niveau d’une ferme
L’autre écueil pour le secteur, confie Youssef Alaoui, est le contrat-programme qui dort dans les tiroirs du ministère des finances alors que l’arbitrage du Premier ministre y est déjà consigné. Pour lui, cela est incompréhensible car, dit-il, «les mesures que nous avons demandées ne sont ni exceptionnelles ni coûteuses. Le document prévoit des taux d’intérêt bonifiés pour l’investissement et l’intervention du Fonds Hassan II pour la subvention du mètre carré mis à niveau».Toutes ces mesures, note-on à la Fisa, sont plus que jamais nécessaires, dans la mesure où c’est au moment de la mise à niveau qu’ils sont d’actualité. Il faut savoir, en effet, que les projections de la fédération font ressortir que l’investissement nécessaire pour la modernisation des fermes est de l’ordre de 200 000 DH en moyenne.