Autoroutes : un nouveau plan sur 25 ans en préparation

L’objectif est de permettre, à  terme, une liaison entre toutes les régions du Royaume, notamment celles du Sud. La problématique du financement sera le principal enjeu, vu que les réalisations des 25 dernières années ont coûté 45 milliards de DH d’investissements.

Un nouveau plan autoroutier verra bientôt le jour. L’annonce en a été faite par le ministre de l’équipement, du transport et de la logistique en marge d’une réunion tenue récemment avec la commission des infrastructures à la Chambre des représentants. Selon Aziz Rabbah, ce plan tracera la feuille de route du développement du réseau autoroutier sur 25 ans et «visera à relier, si les moyens financiers le permettent, l’ensemble des régions du Royaume». Cette déclaration répond d’ailleurs à l’une des plus importantes remarques adressées par les députés de la commission lors de leur rencontre avec le ministre.

Elle concerne l’absence de liaisons autoroutières entre les régions du Sud et le centre du Royaume. Nul n’ignore en effet que le réseau autoroutier actuel se limite à la ville d’Agadir. Un projet est certes en cours d’étude pour décider s’il y a lieu de l’étendre jusqu’à Guelmim, mais pour l’heure, il n’existe pas encore de visibilité quant à sa réalisation. Aucune visibilité non plus à propos du délai nécessaire pour le lancement du nouveau plan de développement. Néanmoins, il existe de fortes chances que cela intervienne à partir de 2016 vu que le contrat programme qui lie actuellement Autoroutes du Maroc au ministère touchera à sa fin en 2015.

La question du financement reste également en suspens. D’ailleurs, les recommandations des parlementaires de la commission des infrastructures, notamment les députés du PAM, ont insisté sur la nécessité de faire des projections dans ce sens, notamment pour un secteur aussi capitalistique que celui des autoroutes. A ce niveau, le défi à relever est important surtout dans un contexte où les finances publiques sont tendues. L’analyse des réalisations de ces 25 dernières années fait par exemple ressortir que l’investissement global qu’aura nécessité la réalisation du réseau tel qu’on le connaît aujourd’hui est de 45 milliards de DH. Néanmoins, la répartition de cette enveloppe selon les sources de financement semble être réconfortante. L’Etat n’a dû en effet miser que 12,3 milliards sous forme d’injections dans le capital d’ADM, tandis que le reste a été généré à hauteur de 2,1 milliards de DH à travers les recettes des péages, et l’endettement. Ce dernier devrait être totalement remboursé sur les deux prochaines décennies. «Au plus tard en 2030, le Maroc disposera du réseau actuel net de tout endettement», précise-t-on auprès d’ADM.

Des milliards de DH d’économie grâce au réseau autoroutier

En fait, le principal atout qu’aura le ministère de tutelle pour convaincre les détracteurs est qu’en misant sur le développement des autoroutes, le Maroc aura économisé près de 12 milliards de DH d’investissements publics qu’auraient nécessité les travaux sur les routes nationales pour faire face à l’augmentation du trafic. De même, sur le volet macroéconomique, l’économie générée sur les coûts de transport dépasserait actuellement les 7 milliards de DH chaque année grâce notamment à la réduction des trajets (30 minutes pour chaque 100 km). Ce sont là en tout cas les principaux arguments présentés aux parlementaires pour justifier les coûts investis dans la réalisation des autoroutes.

En attendant de voir ce que sera la vision des pouvoirs publics pour le réseau autoroutier dans 25 ans, ADM poursuit le développement des projets en cours. En tout, 353 km sont actuellement en cours de travaux et viendront s’ajouter aux 1416 déjà en service. Ils permettront de relier trois nouvelles villes au réseau actuel, à savoir Safi, Béni-Mellal et Khouribga. La liaison avec les villes de Nador et Khénifra est également à l’étude et pourrait faire partie des objectifs à court terme du prochain plan de développement. Une fois ces travaux achevés, 24 villes de plus de 100 000 habitants seront directement reliées au réseau, soit 71% de la population urbaine.

Parallèlement à ces projets, et en réponse aux critiques adressées par certains membres de la commission parlementaire, ADM promet de poursuivre le chantier lié à l’amélioration de la qualité de service et la sécurité routière. Dans ce sens, un projet est en cours pour la mise en place d’un système de suivi et d’analyse permettant d’améliorer la sécurité au sein des autoroutes, ainsi qu’un système d’aide à l’exploitation. Pour les aires de repos, ADM a prévu un système de labellisation permettant aux usagers de reconnaître les aires de repos offrant les services de meilleure qualité.