Autoroutes, le gouvernement accélère la cadence

La barre des 100 km construits par an a été franchie.
Plusieurs modes de financement dont un emprunt obligataire
de 500 MDH seront utilisés pour maintenir le rythme des réalisations.
Les travaux de doublement de l’autoroute Rabat-Casablanca démarreront au second semestre 2007.

Le gouvernement tient ses promesses par rapport au programme autoroutier. Comme prévu, le rythme des réalisations est en effet passé d’une moyenne de 40 à 100 km par an. Pour atteindre cet objectif, tous les moyens de financement sont mis en œuvre : augmentation du capital d’ADM notamment par le concours du Fonds Hassan II, emprunts auprès d’organismes internationaux, augmentation des tarifs des péages ou encore levée d’emprunts publics. Pour ce dernier type de financement, une opération test d’un montant de 500 MDH sera lancée en 2005. Plus tard, le recours aux marchés financiers sera récurrent. En effet, les besoins financiers d’ADM (Société des autoroutes du Maroc) seront plus importants eu égard aux délais importants séparant la mise en service d’une autoroute et la phase de sa rentabilisation et à l’accélération du rythme des réalisations.
Rappelons qu’en 2004, 23 km d’autoroute ont été mis en service. Il s’agit du contournement de Casablanca (phase 2) et du tronçon de Casablanca-Had Soualem. Au cours de cette même année, 320 km étaient en cours de construction. Ce sont les tronçons Asilah-Tanger, Had Soualem-Tnine Chtouka-El Jadida, le contournement de Settat, Settat-Marrakech, Tétouan-Fnideq et la desserte du port d’oued Rmel pour les deux premières sections. Enfin, 36 km d’autoroute sont actuellement en cours d’adjudication. Dans ce lot figurent la troisième section de la desserte du port d’Oued Rmel et le doublement de la RN 16 entre Oued Rmel et Fnideq.
Quant aux travaux de l’autoroute Marrakech-Agadir, d’une longueur de 233 km et d’un coût prévisionnel de 6,5 milliards de DH, ils seront lancés en octobre 2005. Pour leur financement, une convention, signée en juin 2004 entre ADM et le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, prévoyait une augmentation de capital d’un montant de 1,5 milliard de DH. Pour le reste, des demandes de prêts ont été introduites auprès d’institutions financières internationales. Le montage financier est en cours de finalisation.

Le projet de l’autoroute Fès-Oujda n’est pas encore ficelé
Par ailleurs, le projet de l’autoroute Fès-Oujda, de 320 km, dont la construction sera étalée entre 2006 et 2010, n’est pas encore peaufiné. D’ailleurs, ce tronçon n’a pas encore été concédé à ADM. Le coût de ce projet autoroutier est estimé à 7,6 milliards de DH. Compte tenu de ce coût élevé, une variante du projet est de réaliser la section Fès-Taza en autoroute, pour un coût estimé à 3 milliards de DH et de doubler la route entre Taza et Oujda. Enfin, l’ajout d’une troisième voie de 3,5 m dans chaque sens sur l’autoroute Rabat-Casablanca est aujourd’hui acquis. Cet élargissement tient au fait que, d’après les normes internationales, il faut une autoroute à trois voies lorsque le trafic moyen dépasse les 30 000 véhicules par jour. On est proche de ce niveau, d’autant qu’en novembre 2004, le trafic moyen sur cette autoroute était de 24 688 véhicules par jour. Selon ADM, les travaux démarreront au deuxième semestre 2007. Ils dureront plus de trois ans et demi. Le coût en est estimé à 800 MDH.