Autoroutes du Maroc met de l’ordre dans le dépannage sur l’axe Bouznika-Casablanca

D’anciens dépanneurs ont été interdits d’exercer depuis début janvier. L’agrément est accordé à  une seule société retenue après appel d’offres. A ce jour, 19 sociétés sont autorisées à  exercer sur l’ensemble du réseau autoroutier.

Vous l’avez certainement remarqué si vous avez pris l’autoroute Casablanca-Rabat récemment: depuis le mois de janvier, plusieurs propriétaires de véhicules de dépannage observent un sit-in à proximité de la gare de péage de Bouznika.

Ce qu’ils dénoncent, c’est le fait d’avoir été exclus de l’autoroute. En effet, le marché du dépannage sur cet axe autoroutier a été attribué depuis le début de l’année à un nouvel exploitant. De ce fait, aucun des anciens dépanneurs opérant par le passé sur cette autoroute n’est autorisé à poursuivre son activité. «Cet appel d’offres a été fait de manière à ce que les petits dépanneurs soient exclus de fait, alors que jusque-là, beaucoup d’entre eux investissaient dans le renouvellement de leur flotte pour répondre aux exigences qualitative d’ADM»,  explique Abdelhaq Edahbi, secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats des transporteurs, affiliée à l’Union nationale des travailleurs du Maroc. Du coup, ces dépanneurs se retrouvent aujourd’hui au chômage vu que, domiciliés dans la petite ville de Bouznika où la demande sur le marché de l’assistance est très limitée, ils ne peuvent compenser l’arrêt d’activité sur l’autoroute pour subvenir à leur besoin.

Les sociétés écartées veulent qu’on leur réserve 20 à 30% du marché pour rester en activité

Bien que conscients qu’ADM a toute la légitimité pour décider du lancement, ou pas, d’un marché du dépannage dans cette autoroute, les protestataires ont toutefois réclamé que la société leur réserve une partie de ce marché, et ce, pour des considérations sociales. «La solution aurait été de réserver 30%, voire 20% de l’activité de dépannage dans cet axe aux anciens dépanneurs. Cela aurait permis d’éviter qu’ils se retrouvent au chômage du jour au lendemain», ajoute-t-on auprès des représentants des dépanneurs.

Du côté d’Autoroutes du Maroc, on souligne que «l’attribution de l’agrément de dépannage sur la section Bouznika-Casablanca s’est faite dans les mêmes conditions de transparence que les appels d’offres antérieurs et en respect des dispositions réglementaires régissant ce domaine, qui exigent un certain nombre de critères à remplir par les candidats pour l’obtention de l’agrément». En fait, même sans cet appel d’offres, le problème des dépanneurs en sit-in se posait déjà avec acuité. La majorité d’entre eux ont hérité de cette activité de l’époque qui a précédé la création même de l’autoroute. Ils ont poursuivi leur activité normalement alors qu’en principe ils devaient disposer d’agréments de la part d’ADM pour le faire. «ADM n’a jamais remis d’agréments aux dépanneurs en sit-in. Si certains petits dépanneurs individuels exerçaient sur ce tronçon, ils le faisaient dans la clandestinité et en infraction à la loi», ajoute-t-on auprès de la société. Cette situation risque de se répéter aujourd’hui, vu que bon nombre de dépanneurs en sit-in déclarent qu’ils n’ont d’autre choix que de continuer à exercer même sans autorisation. Ceci les soumet logiquement au risque desanction qui, selon la réglementation en vigueur, est constituée d’une amende allant de 700 à 1 400 DH. La situation a, donc, de quoi être encore plus tendue dans les mois à venir entre les deux parties.

ADM ne perçoit aucune redevance mais fixe un cahier des charges précis

En attendant de voir ce qu’il en adviendra, il faut souligner qu’actuellement seules 19 sociétés sont autorisées à intervenir sur le réseau autoroutier long de 1 511 km. Les agréments accordés par ADM ont une durée de validité de 3 ans, période au terme de laquelle de nouveaux appels d’offres devront être lancés. Dans la pratique, ADM répartit les marchés du dépannage en 30 lots et chaque candidat ne peut être attributaire que de 3 lots au maximum. En termes d’exigence, les sociétés sont tenues de constituer une flotte composée au minimum de 98 véhicules plateau, 12 grues de 25 tonnes au plus et 10 camions de 14 tonnes au moins. «ADM vérifie de manière continue le respect des dispositions contractuelles en réalisant des contrôles inopinés et mensuels donnant lieu à  des fiches de suivi regroupées dans des carnets de bord des véhicules», nous explique ADM. Le processus de suivi prévoit pour chaque société de dépannage un solde de 100 points en début d’année pour chaque critère d’évaluation. Lors des contrôles et suivi, chaque anomalie constatée peut donner lieu au retrait d’un nombre de points de ce solde. Si le solde est épuisé, ADM est en droit de suspendre l’agrément de la société en infraction.

Le cahier des charges prévoit aussi que le dépanneur doit disposer, en plus des ressources humaines suffisantes et qualifiées, d’un siège et d’un local professionnel situé dans le voisinage du tronçon de l’autoroute objet de la consultation, et disposer d’une permanence 24h/24 pour recevoir les appels de demande d’intervention.