Autoroute Marrakech-Agadir : un trafic de plus 7 000 véhicules par jour en 2015

Les travaux commenceront en 2005 et prendront fin en 2009 n Six sections, sept échangeurs,
19 ouvrages d’art et quatre aires de repos.

C’est officiel depuis le 1er juin. Le pas a été franchi et Agadir sera reliée à Marrakech par autoroute en 2009. Long de 233 kilomètres, ce tronçon autoroutier comptera six sections et passera par Chichaoua, Imintanout, Argana et Amskroud.
Il faudra toutefois attendre 2008 pour rouler sur une partie de cette nouvelle voie, quand la première section de 50 kilomètres reliant Marrakech à Chichaoua sera opérationnelle. Cette partie sera entamée d’ailleurs avant les autres, en 2005. Les travaux pour les deux autres grandes sections, à savoir Chichaoua-Argana (92 km) et Argana-Agadir (60 km), seront entamés respectivement en 2006 et début 2007 pour être achevés en 2009. Sont prévus sur le tronçon sept échangeurs avec gares de péage, 19 ouvrages d’art (ponts et autres), quatre aires de repos et de service et 2 centres d’entretiens (voir carte ci-contre).
Si, pour le tracé, on peut déjà remarquer que l’autoroute suivra presque celui de la nationale 8, on peut, toutefois, se poser des questions quant aux sections les plus difficiles, notamment entre Chichaoua et Amskroud, en passant par Imintanout, qui devra, comme pour la nationale 8, traverser la chaîne de l’Anti-Atlas. Selon un haut responsable à la société des autoroutes du Maroc (ADM), «la section la plus difficile est effectivement celle qui reliera Imintanout à Amskroud car il faudra des travaux de terrassements plus importants». A l’opposé, la section Marrakech-Chichaoua sera la plus facile et certainement la moins coûteuse.
Bien entendu, les sections difficiles pèseront plus lourd dans le coût global de réalisation qui s’élève à 6,2 milliards de DH, dont 1,5 milliard seront apportés par le Fonds Hassan II sous forme de recapitalisation d’ADM. Selon un spécialiste, «le coût de réalisation d’un tronçon dont le relief est accidenté peut atteindre jusqu’à cinq fois celui d’un tronçon normal».

50% du trafic sera assuré par les poids lourds

La question sous-jacente et inévitable est celle de la rentabilité financière. A ce niveau, ADM a fait des projections de trafic jusqu’en 2020 qui font ressortir un trafic moyen journalier annuel (TMJA) de 5 050 à 5 300 jusqu’en 2008, puis de 7 000 à 7 460 à l’horizon 2015 et, enfin, de 8 850 à 9 260 à partir de l’année 2020. Dans ces projections, le pourcentage des véhicules poids lourds tourne autour de 50 %. Il est expliqué auprès d’ADM, que pour «les grands projets d’infrastructure tels que celui-ci, il est difficile de parler de rentabilité financière dans la mesure où ces projets ont un impact beaucoup plus important sur le développement des activités économiques».
Il n’empêche que, sur le plan purement financier, on peut raisonnablement déduire, du fait de l’intention de plusieurs bailleurs de fonds de s’impliquer dans le financement, que le tronçon a une rentabilité financière satisfaisante.
Car ces bailleurs de fonds acceptent généralement de financer à partir d’un taux de rentabilité acceptable d’environ 8 %. Sans oublier que le tronçon Marrakech-Agadir aura l’avantage d’être adossé à un réseau autoroutier déjà opérationnel dans les autres régions, permettant ainsi à la société des ADM de mettre en place des mécanismes de péréquation, du moins jusqu’au moment où le trafic sur le tronçon deviendra suffisamment important et rentable.
Mais, bien au-delà de la rentabilité financière, certes importante, le tronçon Marrakech-Agadir est une aubaine grâce aux nombreux effets induits qu’il engendrera.
Ainsi, comme l’explique une source proche du dossier, «l’autoroute permettra d’abord et avant tout de limiter le nombre d’accidents et de réduire le nombre de décès de 25 à 40 par an», sachant que, selon les statistiques officielles, le tronçon Marrakech-Agadir de la Nationale 8 a fait en 2002 quelque 120 morts et près de 900 blessés, pour un total de 391 accidents. Et quand on sait, en plus, ce que coûtent les accidents de la route aux caisses de l’Etat, l’effet d’une autoroute à ce niveau ne peut être que bénéfique. L’autre effet induit, quant à lui, concerne directement les opérateurs économiques qui, grâce à l’autoroute, réduiront considérablement la durée des trajets. Ce qui permettra par conséquent de réduire le coût du facteur transport, d’améliorer les délais des fournisseurs marocains qui exportent vers l’Europe et, au final, de booster la compétitivité des produits marocains en provenance du Souss

La section la plus difficile est celle qui reliera Chichaoua à Amskroud en passant par Imintanout car elle traverse l’Anti-Atlas et qu’il faudra des travaux de terrassement plus importants»